En 2003, Rock en Seine faisait modestement son entrée en scène: une journée, deux scènes et 22.000 spectateurs pour une affiche déjà haut de gamme proposant Massive Attack, PJ Harvey et Beck.
 
Le festival, installé aux portes de Paris dans les Hauts-de-Seine, a depuis régulièrement grandi, avec désormais trois journées et quatre scènes.
 
Rendez-vous désormais établi, il a battu son record de fréquentation l'an dernier avec 108.000 festivaliers.
 
Pour le public, il clôture la saison des festivals, pour les professionnels il sonne la rentrée des classes avant le rush des sorties musicales de l'automne.
 
Alors que de nombreuses manifestations ont affiché des fréquentations en baisse cet été, Rock en Seine devrait faire le plein avec plus de 100.000 festivaliers d'ores et déjà attendus sur une capacité maximale de 115.000 personnes, selon son directeur François Missonnier.
 
Pour son 10e anniversaire, le festival a bénéficié d'un budget en légère hausse à 6,5 millions d'euros et mis les petits plats dans les grands, avec une exposition photo, des animations avec vahinés, fakirs et femmes à barbe et -- pour la première fois de son histoire -- deux créations musicales.
 
Les "Avant-Seine All Stars" avec dix groupes révélés grâce à la scène tremplin du festival afficheront entre autres Gush, les Hushpuppies et Hey Hey My My pour des reprises des grands titres de la décennie, tandis que l'Allemand Get Well Soon, à la pop nourrie de classique, jouera avec l'Orchestre national d'Ile-de-France.
 
Les têtes d'affiche sont, elles, ouvertement rock : Placebo (vendredi), The Black Keys (samedi) et Green Day (dimanche).
 
Une soixantaine de concerts
 
 
Mais si The Black Keys, figure de proue du rock américain, fait l'unanimité, la venue de Placebo et Green Day, plus grand public, fait grincer quelques dents.
 
Sur les réseaux sociaux, certains rêvaient d'une affiche plus flamboyante pour les dix ans du festival, qui a accueilli par le passé Björk, Radiohead ou Rage Against The Machine.
 
"Aucun des trois n'a jamais joué à Rock en Seine et ce sont des artistes qui font leur seule apparition de l'année sur des festivals chez nous", se défend François Missonnier.
 
"Une programmation de festival, il faut la juger une fois qu'elle est finie, c'est là qu'on peut voir si elle est représentative de l'actualité musicale, comment les courants sont représentés et comment on va voyager dans tout ça pendant trois jours", ajoute-t-il.
 
Le festival proposera au total une soixantaine de concerts: les Anglais de Bloc Party, de retour après quatre ans d'absence, la pop délicate des Américains de Friends et Beach House, le blues ombrageux de Mark Lanegan, les Islandais de Sigur Ros, les Suédois de Little Dragon, la Canadienne Grimes, mais aussi Foster The People ou les jeunes Britanniques de Citizens!.
 
Tout juste reformés, les californiens de Grandaddy, chéris par les amateurs de rock indépendant des années 90, donneront dimanche un des concerts les plus attendus de cette 10e édition.
 
Un autre concert aura une saveur toute particulière pour Rock en Seine: celui de Noel Gallagher's high flying birds.
 
L'ancien guitariste d'Oasis reviendra pour la première fois sur le Domaine de Saint-Cloud trois ans après la séparation fracassante de son groupe sur cette même scène.