En ce moment
 

Le patron de l'agence spatiale française défend une conception "réaliste" de l'espace

Le patron de l'agence spatiale française défend une conception
Le président de l'agence spatiale française Cnes, Jean-Yves Le Gall, le 17 mars 2014 à ParisFRANCOIS GUILLOT
 
espace

Le président de l'agence spatiale française Cnes, Jean-Yves Le Gall, a défendu en Californie une conception "réaliste" de l'espace par opposition aux "projets de science-fiction" du type colonisation de Mars dans un futur proche.

"L'espace a besoin d'un langage de vérité", a déclaré vendredi soir Jean-Yves Le Gall, joint par téléphone par l'AFP.

A l'occasion du 25ème anniversaire du lancement du satellite franco-américain d'altimétrie spatiale TOPEX/Poseidon, la Nasa et le Cnes avaient célébré la veille "l'excellence" de leur coopération spatiale au JPL (Jet Propulsion Laboratory) à Pasadena, a-t-il indiqué.

"Il s'agit d'une coopération réaliste. On ne parle pas de projets de science-fiction. On parle de choses qui existent, qui donnent des résultats et qui le font à moindre coût à la fois pour les Etats-Unis et pour la France puisqu'on partage les efforts", a dit M. Le Gall.

"Nous sommes dans l'espace réel et non dans l'espace virtuel".

"Pendant que des gens promettent des choses qui ne se feront pas avant longtemps, d'autres gens travaillent de façon plus modeste mais avec des résultats considérables", a-t-il estimé.

A ses yeux, le projet d'Elon Musk, le patron de SpaceX, d'envoyer un immense vaisseau avec une centaine de personnes par vol sur la Planète rouge relève pour le moment de la "science-fiction".

"Dans 100 ans ou 200 ans peut-être" mais "pas dans les 20 ou 25 ans qui viennent", selon lui.

"L'espace a besoin d'un langage de vérité", parce que "sinon vous suscitez des attentes et vous risquez de décevoir les gens", estime-t-il.

Un autre type de projet le laisse très sceptique: l'idée très en vogue d'aller exploiter les ressources des astéroïdes.

"Le langage de la vérité aujourd'hui c'est de dire qu'il n'y a pas tant que ça d'astéroïdes et qu'elles sont très loin - entre Mars et Jupiter. Cela suppose plusieurs années de voyage".

"En outre, ces missions coûteront des fortunes", "sans compter les difficultés technologiques incroyables".

Dans le cadre de l’exploration martienne, le Cnes est engagé aux côtés de la Nasa dans la mission de géophysique InSight.

La France a fourni le sismomètre SEIS qui permettra de mesurer l'activité tectonique de Mars. Le lancement de la mission est prévu début mai 2018.

La France va fournir aussi l'instrument SuperCam qui équipera le rover Mars 2020.

Les deux pays, qui ont développé les trois satellites d'altimétrie Jason, coopèrent aussi sur le programme SWOT, une mission de mesure et de surveillance du niveau des océans, des fleuves et des grands lacs, dont le lancement est prévu pour 2021.

Vos commentaires

Suivez-nous sur Facebook

Top Facebook

vidéos