(Belga) Les mouches drosophiles exposées en groupe à un signal de stress adoptent un comportement plus adéquat que les insectes isolés, en communiquant notamment par les pattes, ont constaté des chercheurs suisses, dans des travaux publiés dans la revue "Nature".
Une touchette sur la patte droite de sa congénère et celle-ci s'en va à gauche, une touchette à gauche et elle part à droite, selon Pavan Ramdya, premier auteur de cette étude, cité dans un communiqué de l'Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL). L'identification de voies sensorielles qui régissent une réaction collective chez la drosophile pourrait permettre de mieux comprendre les dynamiques d'autres groupes d'animaux comme les bancs de poissons, les oiseaux migrateurs ou même les foules humaines. Pour mettre en lumière ce comportement, les chercheurs ont utilisé du CO2. Ce gaz, inodore pour les humains, représente un signal de danger pour les mouches. Une drosophile seule cherche peu à éviter cette odeur mais en groupe, quelques secondes suffisent pour qu'une proportion importante des mouches aient quitté la zone. Même privées de leur odorat par modification génétique, les mouches en collectivité avec des congénères non modifiées continuent de partir rapidement vers l'air pur. Les chercheurs ont constaté que ce comportement de groupe était précédé de nombreux rapprochements entre les insectes. Plus précisément, de petites touchettes sur les pattes qui renforcent le comportement d'évitement. Un contact qui prend l'allure d'un véritable code de communication puisqu'il donne également la direction à suivre. Il n'y a pas de mouche leader indiquant la route à suivre, une cascade de contacts identiques suffit. Les insectes touchés partent à leur tour en avertir d'autres et ainsi de suite. Restait à découvrir le circuit neuronal en jeu dans ce comportement collectif. Situé tout au bout des pattes, un petit groupe de neurones sensibles à une déformation mécanique est apparu comme la condition sine qua non à ce comportement social. Les mouches dont cette zone avait été rendue insensible par modification génétique se comportaient comme des individus isolés. (Belga)
