Le concept d'économie "verte" mis en avant à la conférence Rio+20 et que les pays européens ont réussi à inclure dans le texte final "est une nouvelle forme de colonialisme" imposée par les pays riches à ceux du sud, a dénoncé jeudi le président bolivien Evo Morales.

"Les pays du nord s'enrichissent en commettant une orgie dévastatrice et obligent les pays du sud à être leurs gardes forestiers pauvres", a estimé M. Morales lors d'un discours en séance plénière de la conférence de l'ONU sur le développement durable, qui réunit 86 chefs d'Etat ou de gouvernement jusqu'à vendredi.

"Ils veulent nous imposer des mécanismes d'intervention pour orienter et juger nos politiques nationales (...) sous des prétextes environnementaux", a-t-il encore assuré.

"L'économie verte" a finalement été inclue dans le texte de la déclaration finale que les dirigeants doivent approuver vendredi, ce qui a été considéré comme une victoire par l'Europe.

M. Morales, premier Bolivien indigène à arriver à la présidence du pays andin, a également exhorté l'Afrique à ne pas privatiser ses ressources.

"Aux pays africains, je dis, récupérez, nationalisez vos ressources naturelles. Les ressources naturelles appartiennent aux peuples; ne peuvent être des négociées à niveau international", a affirmé le président d'origine aymara.

Il a aussi rappelé aux leaders mondiaux une phrase de l'ex-président cubain Fidel Castro: "Eradiquez la faim mais pas l'Homme" et il a mis en garde contre le capitalisme vert qui "transforme chaque arbre, chaque plante, chaque goutte d'eau et chaque être de la nature, en marchandise".