Sur le plateau de Controverse ce dimanche se trouvait Manuel Aziotou. Cet homme grec est reparti il y a une dizaine d'années de la Grèce où il y avait une société. Aujourd'hui, il a tout perdu à cause de la crise. Pour lui, les Grecs ont une part de responsabilité parce qu'une grande partie de leur économie fonctionne uniquement au noir. Dominique Demoulin lui a demandé si lui-même payait des impôts quand il était en Grèce. "Moi je trouvais tout à fait normal de faire des factures parce que j'étais de la Belgique, mais chez eux, ce n'était pas le cas. on me disait de tout faire en noir", a-t-il répondu.

 

Qui est responsable de cet échec: la Grèce ou l'Europe?

Bruno Colmant, le directeur de l'Académie Royale de Belgique et professeur de Finances explique pourquoi l'austérité en Grèce est plus difficile à envisager par la population grecque."On a une divergeance croissante entre les économies du nord et du sud. Le nord est industrialisé, le sud ne l'est pas et on essaie avec une rigueur germanique d'imposer à des économies du sud qui sont désindustrialisées de l'austérité qui entraîne de la récession", explique Bruno Colmant. "Donc aujourd'hui, sans avoir des mesures monétaires extraordinaires, on va à une catastrophe, c'est-à-dire à une scission de la zone euro".


C'est peut-être la faute des Grecs mais pour certains c'est aussi l'échec des politiques successives de l'Europe qui n' a pas su imposer à ce pays des règles de bonne gouvernance.

"Les Grecs sont prêts à accepter des cures d'austérité mais il faut qu'il y ai des mesures de croissance", explique Vangelis Demiris, correspondant de la télévision grecque à Bruxelles, intervenant sur le plateau de Controverse."Les responsabilités de la Grèce sont indéniables mais à partir de là, il y a aussi les responsabilités de l'Europe. Il a fallu 2,5 ans pour que l'Europe se rende compte qu'il faut des mesures de croissance".

"Ce qu'il faut bien voir, c'est qu'aujourd'hui ce sont les Grecs qui peuvent de leur plein gré sortir de l'Euro, le danger, il faut bien voir qu'avec les plans qui ont été faits pour le moment s'ils sortaient et qu'ils disaient par exemple, on ne rembourse pas, il faut savoir que c'est le contribuable européen qui devra assurer derrière", avertit Roland Gillet, professeur de Finances à l'ULB et à la Sorbonne.

La sortie de l'Euro par la Grèce serait une catastrophe pour l'Europe même si pour l'instant 80%  des Grecs souhaitent rester dans cette zone euro.

Compte-rendu: Nadia Bouria