Au cœur du débat sécuritaire de ce dimanche midi dans Controverse, l'agression dont deux policiers ont été victimes la semaine dernière. Ces coups de couteau ont élevé le niveau de vigilance, avec une question principale: les militaires doivent-ils apporter leur soutien aux policiers sur le terrain? "Ce qui peut être envisageable, quand on est à un niveau extrême de menace terroriste comme un niveau 4 où là ça peut être imaginable, mais pas de manière globale parce que la sécurité c’est une affaire de policiers, ce n’est pas une affaire de militaires", a précisé Joëlle Milquet, vice-première ministre et ministre de l’Intérieur.

 

Prendre la moitié des policiers de Zaventem

Vincent De Wolf, bourgmestre d’Etterbeek, a proposé une solution: "Une autre idée était de dire, pas de mettre nécessairement des militaires dans les rues, mais de prendre les policiers là où ils sont, dans les palais royaux, à l’OTAN. À Zaventem, il y en plus de 500, on prend la moitié, on met des militaires à leur place pendant un an".

Tous les invités présents sur le plateau ont reconnu qu’il fallait renforcer la police, mais les hommes de terrain ont émis des craintes par rapport aux policiers qui sont appelés en renfort, ils craignent qu’ils soient déconnectés de la réalité de terrain.

 

Soutenir les parquets et magistrats

Certains, comme Eddy Lebon, ont mis en avant le fait qu’il fallait soutenir la police, mais aussi les parquets et les magistrats. Pour que les affaires suivent et pallier le manque cruel d'effectif dont souffrent les tribunaux. "À l’heure actuelle, 75 à 80% des pv rédigés par la police sont classés sans suite. Il y a un problème de manque de magistrat", a précisé le secrétaire général du syndicat de police Sypol.be. "Si on ne renforce pas ce maillon de la chaîne, on aura sans doute présenté quelque chose qui peut paraître attrayant, mais ça peut paraître une grande illusion", a ajouté Luc Hennart, président du tribunal de première instance de Bruxelles

Mais il reste encore l'aspect économique de ces mesures. Le gouvernement devra dégager les budgets pour financer ces priorités sécuritaires, devenues de véritables arguments de campagne.