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Le pionnier des accords de compétitivité demande la remise à plat du dispositif

Le pionnier des accords de compétitivité demande la remise à plat du dispositif
L'entreprise allemande spécialisée dans la fabrication de climatiseurs pour les automobiles emploie 810 personnes à Rouffach Around 280 jobs are on the line at the factory, a supplier to Peugeot CitrPASCAL LACHENAUD
 

Pionnière des accords de compétitivité en France, l'usine française du groupe allemand Mahle-Behr à Rouffach (Haut-Rhin)est menacée de fermeture et un de ses syndicats a demandé au chef de l'Etat une remise à plat de ce dispositif phare du quinquennat de François Hollande.

La section de l'Union nationale des syndicats autonomes (Unsa) a demandé dans un courrier adressé à Emmanuel Macron dont l'AFP a obtenu copie mercredi "d'engager en urgence une mission d'évaluation" de ce type d'accord et de faire instaurer "de nouvelles dispositions législatives qui puissent tirer les leçons de la mauvaise expérience" chez Mahle-Behr France, où "le résultat est très négatif pour ne pas dire catastrophique".

L'entreprise allemande spécialisée dans la fabrication de climatiseurs pour les automobiles emploie 810 personnes à Rouffach.

Le syndicat a invité Emmanuel Macron à se rendre sur place dans ce courrier daté du 4 septembre resté sans réponse mercredi, a indiqué à l'AFP Denis Pieczynski, délégué Unsa.

Mahle-Behr à Rouffach avait été la première entreprise signataire, à l'été 2013, d'un "accord de maintien de l'emploi"(AME) dans la foulée de la loi de "sécurisation de l'emploi" du 14 juin 2013, créatrice de cet outil communément appelé accord de compétitivité.

A l'époque, Emmanuel Macron était secrétaire général adjoint de l'Elysée.

Annoncés comme une mesure-phare du quinquennat Hollande, les AME n'ont été appliqués que par une dizaine d'entreprises. Plusieurs groupes, dont les constructeurs automobiles Renault et PSA, ont privilégié des accords de compétitivité spécifiques.

Chez Mahle Behr, l'accord avait gelé les salaires pendant deux ans et augmenté le temps de travail en échange de l'absence de plan social et de la promesse de rentrer de nouvelles commandes afin de redresser la situation économique de l'usine.

Il avait été suivi en 2016 d'un accord "de compétitivité", avec "modération"salariale, signé hors du cadre de la loi de 2013.

Or depuis quatre ans, le site n'a pratiquement pas décroché de nouveaux marchés, car son coût de production demeure trop élevé par rapport à d'autres usines Mahle-Behr en Europe de l'Est, selon l'argument régulièrement avancé par la direction du groupe.

La situation fait craindre aux syndicats la fermeture de Rouffach. "Les seules commandes ont été celles inscrites noir sur blanc dans les accords. Pour le reste, on n'a rien eu", a expliqué M.Pieczynski, qui comptabilise "une dizaine"de contrats espérés et finalement non obtenus.

En outre, les effectifs ont baissé de 267 personnes par des départs volontaires puis par un PSE (plan de sauvegarde de l'emploi) qui a accompagné le second accord.

Dans son courrier à M. Macron, l'Unsa appelle à un "travail fin d'analyse pour mettre en lumière toutes les raisons qui ont empêché d'obtenir les contrats (…) malgré une baisse réelle du coût de production".

L'initiative a recueilli l'approbation de principe des autres syndicats du site. Pour le premier d'entre eux, la CFTC, les "raisons" du courrier sont "justes", l'accord ayant donné un "résultat en-deçà de toutes nos espérances", a souligné Pascal Patou, l'un de ses responsables.

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