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Tour de France: Bardet sans peur et sans reproche

Le Français Romain Bardet, exemplaire par son engagement même s'il a reculé à la 3e place en un an, n'a plus désormais que la victoire à aller chercher dans le Tour de France, c'est-à-dire la marche la plus haute à franchir.

"Il était plus fort que l'année dernière", constate le directeur du Tour Christian Prudhomme. "Il termine une place en dessous sur le podium mais c'est la confirmation d'un grand talent".

La performance de l'Auvergnat de l'équipe AG2R La Mondiale est louée auprès de l'AFP par les responsables d'autres formations françaises. "Il a un coup d'avance", reconnaît Marc Madiot (FDJ) par rapport aux autres coureurs français susceptibles de gagner le Tour. "Il a construit autour de lui quelque chose de fort", apprécie Jean-René Bernaudeau (Direct Energie).

"Il a 26 ans et, d'un point de vue physiologique, ses meilleures années arrivent. On peut penser qu'il sera plus fort les prochaines années", poursuit Bernaudeau. "Il va travailler ses défauts".

Ses défauts ? Pour l'essentiel, le contre-la-montre, handicap rédhibitoire au vu du temps (près de deux minutes sur Froome) concédé dans l'exercice samedi à Marseille. Jusque-là, le natif de Brioude était en lice pour le maillot jaune, à une vingtaine de secondes.

"Romain a été le principal acteur qui a cherché à déstabiliser Froome et la Sky", relève le manager de son équipe, Vincent Lavenu, en citant aussi le nom de l'Irlandais Dan Martin. "Il a grandi encore sur ce Tour au point de faire jeu égal avec Froome dans la montagne. C'est encourageant pour l'avenir".

- L'aide de Gallopin ? -

"Il a encore une marge de progression, compte tenu de sa ténacité, de son envie de réussir, de son esprit d'analyse. Il va continuer à travailler tous ces petits gains marginaux qui permettent de gagner quelques secondes. Et aussi les points forts pour passer un palier supplémentaire afin, pourquoi pas, de créer des écarts plus importants dans la montagne", estime Lavenu.

"Une des clés, c'est d'arriver à contrarier la force collective de Sky", ajoute le manager. Pour cela, l'équipe française, la deuxième du Tour 2017 dans la hiérarchie, doit encore progresser.

"Romain doit être entouré un peu plus loin en montagne et un peu plus protégé dans les étapes sensibles, à bordures", reconnaît Philippe Chevallier, directeur de l'équipe savoyarde.

Des noms circulent sur de possibles renforts en vue de 2018, la période officielle s'ouvrant à partir du 1er août. Entre autres, celui de Tony Gallopin, qui reviendrait de Belgique et apporterait son punch tout-terrain (plaine et montagne), sa connaissance de la course et aussi ses qualités de coureur de classiques.

Mais, estiment d'une même voix les responsables de l'équipe, "la clé principale, c'est le chrono, le domaine où il y a le plus de possibilités de progrès".

"Je n'ai pas progressé dans le contre-la-montre", avoue le Brivadois avec franchise. "Je n'aime pas m'entrainer sur un vélo de chrono, j'en paye le prix. Mais je devrai le faire".

"Il y arrivera", annonce Lavenu, épaté par "le tempérament très fort" de son coureur. "Il n'a pas peur, il cherche à déstabiliser la course. Il a un véritable esprit de champion qui ne s'avoue jamais vaincu".

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