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"Un épais brouillard", "une forte odeur de pin brûlé", une "omniprésence des pompiers": le Portugal pleure ses morts et combat toujours les flammes

 

Un deuil national de 3 jours a été décrété au Portugal après l'incendie de forêt meurtrier qui a touché le pays. Le bilan a été revu à la hausse ce lundi matin : il est de 62 morts et 63 blessés. Ces personnes ont été prises au piège par la rapidité et la violence des flammes. Elles témoignent désormais de l'enfer qu'elles ont vécu.

Le soleil s'est levé se matin sur un paysage de fin du monde: arbres calcinés, forêts dévastées, routes détruites… Malgré tout, certains habitants ont refusé de partir.

"Alors on devrait laisser tout ça se perdre? On va essayer d'éteindre le feu", lance Joao Gonçalves, un habitant de Trespostos qui a décidé de lutter coûte que coûte contre les flammes, à l'aide de quelques tuyaux d’arrosage… moyens dérisoires de lutte contre un désastre, selon eux, annoncé.

"Le fait que ça brûle, ce n'est pas nouveau. Déjà parce que les terrains ne sont pas entretenus, ajoute-t-il. Il y a plein de mauvaises herbes, des arbres pas taillés alors c'est sûr que ça flambe".


"Tout s'est passé en quelques secondes"

Comment en est-on arrivé là se demande-t-on aujourd'hui. Le Portugal pleure les 62 morts et 63 blessés qu'ont causé cet incendie, plus encore peut-être dans des endroits toujours inaccessibles. Dans ces forêts de pins maritimes et d’eucalyptus, parmi les arbres les plus inflammables, le vent et la sécheresse ont poussé le feu à une vitesse incontrôlable

"Tout s'est passé très vite en quelques secondes... J'ai commencé à voir des flammes gigantesques et après, on aurait dit des feux d'artifices et tout a pris feu", décrit Isilda Malheiro, habitante de Pobrais

"On a essayé de fuir dans ce sens-là mais impossible, tout était en feu, ajoute Luis Prior, un survivant. On a donc essayé de partir de l'autre côté mais là aussi tout brûlait. J'ai donc proposé de partir par la forêt en pensant que cela ne brûlait pas encore mais là aussi tout était en feu."


"Un nuage de fumée qui baigne toute la région"

Sur place, l'envoyé spécial de RTL info, Simon François constate que l'incendie n'est pas encore sous contrôle. Il décrit "un épais brouillard, un nuage de fumée qui baigne toute la région à 50 kilomètres à la ronde, accompagné d'une forte odeur d'eucalyptus et de pin brûlé".

Tous les services de secours se mobilisent pour tenter de porter secours aux rescapés et d'éteindre le feu. Autre preuve que l'incendie n'est pas encore maîtrisé : l'"omniprésence des camions de pompiers, des ambulances, des militaires, de la protection civile. Ils sont partout pour tenter d'éteindre les 35 foyers d'incendie", ajoute Simon François.

Le président du Portugal a décrété 3 jours de deuil national et l’aide européenne  arrive progressivement: des canadairs espagnols et français, des renforts en hommes... Au total, 2.000 pompiers se battent contre ce désastre.

La thèse de l'incendie criminelle a été écartée. On sait désormais qu'un orage sec est à l'origine du désastre: un arbre a été touché par la foudre, puis des températures caniculaires et des vents qui ont propagé le feu.

 

 

 

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