Le meurtre d'un quinquagénaire tabassé par deux jeunes en pleine journée sur le quai d'une gare, sous les yeux de plusieurs témoins, a relancé le débat en Allemagne sur le courage civique. Dominik Brunner aurait-il eu la vie sauve si des témoins étaient intervenus samedi sur le quai d'une station de train urbain de Munich (sud), pour empêcher deux jeunes de 17 et 18 ans de le rouer de coups?
Environ 15 personnes auraient assisté à l'agression
Quinze personnes, selon la police, ont assisté de près ou de loin à ce meurtre, parti d'une altercation entre quatre adolescents et les deux agresseurs qui tentaient de les racketter. "Pourquoi personne n'est-il venu en aide à Dominik Brunner?", s'interrogeait mercredi le quotidien Bild sur son site internet. Le journal citait notamment
deux personnes, dont un jeune Français, qui affirmaient que personne n'était venu porter secours à cet homme d'affaires, désormais considéré comme un héros.
"Je me suis senti si impuissant à ce moment-là"
"Lorsque je suis arrivé sur le quai en face, les deux jeunes étaient déjà en train de tabasser l'homme et de lui donner des coups de pied", a raconté Gabriel, 16 ans, originaire de Chartres (France) au journal. "Environ 15 personnes se trouvaient à côté et ne sont pas intervenues", a-t-il ajouté. "Je me suis senti si impuissant à ce moment-là et j'ai vu comment ils l'ont frappé pendant une à deux minutes".
Pas d'indices suffisant pour une enquête pour non-assistance à personne en danger
Le Parquet de Munich a tempéré, disant ne pas disposer d'indices justifiant une enquête pour non-assistance à personne en danger. Rien ne permet de dire avec certitude que 15 personnes se trouvaient sur le quai au moment des faits, a assuré une porte-parole, Barbara Stockinger. Il pouvait y en avoir eu plus ou moins, s'est-elle contenté de préciser.
Angela Merkel appelle au courage civique
La chancelière Angela Merkel a appelé les Allemands à faire preuve de courage civique, renouant avec son prédécesseur Gerhard Schröder qui avait appelé à "un soulèvement des gens biens" après une série d'agressions racistes à la fin des années 90. Selon la radio publique bavaroise Bayerischer Rundfunk, M. Brunner avait demandé de l'aide aux gens qui se trouvaient sur le quai. Sans succès. La police a toutefois reçu plusieurs appels de téléphones portables signalant ce qui se passait sur le quai de gare.
Une minute de silence
Le responsable de la cellule policière chargée de l'enquête, Markus Kraus, a également expliqué au quotidien Süddeutsche Zeitung que les quatre jeunes adolescents avaient demandé de l'aide aux passagers descendus à la même station. "Néanmoins, nous ne savons pas ce que ces gens ont effectivement su et dans quelle mesure ils auraient pu intervenir", selon lui.
Le maire de Munich, Christian Ude, a décidé d'une minute de silence dans les transports de la capitale bavaroise. Pour rendre hommage au courage de Dominik Brunner mais aussi pour avertir les usagers que "celui qui veut faire
l'expérience de la solidarité, doit aussi la pratiquer". Dominik Brunner a été tué de 22 coups et coups de pied portés à la tête et dans le haut du corps par deux jeunes qui s'en étaient pris auparavant à quatre adolescents de 13 à 15 ans. Il s'était interposé dans le train, proposant ensuite au quatre jeunes de descendre avec eux à la station et de les escorter.
Les deux agresseurs ont suivi le groupe et s'en sont pris au quinquagénaire. Dominik Brunner est mort peu après à l'hôpital.











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