La réponse est "non", clairement "non". Ces deux nouvelles fonctions ne seront en rien comparables à celles des présidents et chefs de la diplomatie d'un pays. Logique : l'Europe n'est pas un Etat. Mais ce sont tout de même deux postes clés qui ont été créés par le traité de Lisbonne, enfin ratifié. Celui de « président européen », officiellement « président du Conseil européen » et celui de « chef de la diplomatie », officiellement « Haut représentant pour la politique étrangère ». Les dirigeants de l'UE se réunissent ce jeudi soir pour les désigner. Voici en quoi consistent ce deux nouvelles fonctions:
LE PRESIDENT DU CONSEIL EUROPEEN
Bien que le poste à pourvoir soit souvent présenté comme celui de "président de l'UE", le candidat retenu sera en fait le président du "Conseil européen". Ce Conseil européen est l'enceinte où se réunissent périodiquement les chefs d'Etat et de gouvernement pour décider des grandes orientations de l'Union.
Actuellement, il est dirigé par le pays assurant la présidence tournante qui change tous les six mois. Mais cela a souvent été décrié pour son manque de continuité. Le secrétaire d’Etat américain Henry Kissinger charriant même l’Europe en ces termes : « quel est le numéro de téléphone de l'Europe ? »
Un médiateur
Ce futur président stable, élu pour un mandat de deux ans et demi renouvelable une seule fois, doit donner à l'Europe un visage. Mais sa fonction ne sera pas comparable à un président d’Etat, il sera surtout un médiateur chargé de trouver des compromis entre les nombreux membres de l’UE.
Mais le traité de Lisbonne reste assez vague sur la description du poste. La personnalité du premier président sera donc déterminante pour en délimiter les contours. Un profil tel que Tony Blair pourrait donc donner naissance à une Europe "présidentielle", tandis qu'un Herman Van Rompuy donnerait sans doute à la fonction une place plus modeste, selon la plupart des observateurs.
Une collaboration difficile avec le président de la Commission ?
L'homme devra aussi apprendre à collaborer avec le président de la Commission européenne, l'autre grand personnage de l'UE. Leurs responsabilités seront évidemment différentes. La Commission européenne propose des initiatives/des "lois" au parlement européen qui est chargé de voter pour ou contre. Le futur président du Conseil européen sera, lui, chargé de trouver des compromis entre les envies et demandes des Etats membres. Une rivalité risque de s'installer entre eux. Cependant, le traité de Lisbonne n'empêche pas formellement que la même personne occupe les deux fonctions, même si un tel scénario n'est pas à l’ordre du jour.
Détail qui prouve que le président européen sera loin d’être omnipotent : les présidences nationales de l'UE sont maintenues pour les niveaux thématiques du Conseil européen (Ecofin, Justice, etc...), à l'exception du Conseil des Relations extérieures, qui sera dirigé par le Haut représentant, présenté ci-dessous.
> 6 millions d’euros par an, 22 collaborateurs et 10 gardes du corps
LE HAUT REPRESENTANT POUR LA POLITIQUE ETRANGERE
L'UE a déjà un Haut représentant pour la politique étrangère et la sécurité commune en la personne de Javier Solana. Mais cette fonction a été revue de fond en comble ! La défunte Constitution européenne évoquait même un "ministre des Affaires étrangères", mais cette formulation a été abandonnée au même titre que les références au drapeau et à l'hymne de l'UE quand la Constitution a été ramenée à un plus modeste traité de Lisbonne.
Les nouvelles compétences ont néanmoins été intégralement maintenues. Le Haut représentant actuel n'est « que » l'émissaire des Etats membres, mais son successeur sera aussi vice-président de la Commission et reprendra le budget et les dossiers de l'actuel commissaire aux relations extérieures. Il sera à la tête d'un véritable corps diplomatique européen qui se constituera progressivement avec des diplomates nationaux et des fonctionnaires issus du sérail communautaire.
Des ambassades européennes à l’étranger
A l'étranger, de vraies ambassades de l'UE se mettront en place. Le HR sera en outre chargé de présider le Conseil des ministres des Relations extérieures, une responsabilité qui revenait jusqu'à présent au chef de la diplomatie du pays assurant la présidence tournante.
> A la tête d’une armada diplomatique de 3000 personnes !












Les chômeurs recevront un quart en moins
Jean-Luc Dehaene "oublie" de déclarer un bonus de 3 millions d'euros
Amnesty dénonce la Belgique: interdire le voile à l'école va à l'encontre de la liberté
Reynders compare Molenbeek à "l'étranger" (vidéo)
STIB: pas de reprise du trafic avant mercredi après-midi
Que gagnent nos ministres par rapport aux ministres des pays voisins?
Agent de la STIB décédé: les transports en commun à l'arrêt jusque lundi
La mère de Diana sous mandat d'arrêt pour assassinat
Ras-le-bol des motards: les escortes du Premier ministre ne sont pas le problème
Le père de Mohamed Merah va porter plainte contre la France pour "avoir tué son fils"