Herman Van Rompuy est devenu, jeudi soir, le numéro un européen. Notre Premier ministre a été nommé, à l'unanimité, premier président de l'Union européenne lors d'un sommet des 27 dirigeants européens. Le Belge prendra ses fonctions le 1er janvier prochain pour un mandat de deux ans et demi, renouvelable une fois. Il sera épaulé par la Britannique Catherine Ashton qui devient, elle, Haute représentante pour la politique étrangère, l'autre poste qui était à pourvoir. Leur mission est de mieux représenter l'Europe face aux Etats-Unis et aux pays émergents, tels que l'Inde ou la Chine.
Suite à l'annonce de cette désignation, tous les partis francophones ont félicité Herman Van Rompuy en communiqué. Le président américain, Barack Obama, a également félicité ce vendredi Herman Van Rompuy et Catherine Ashton. Mais des voix s'élèvent aussi contre ce choix, considérant notre bientôt ex-Premier ministre comme une inconnu, pourfendeur des droits des francophones de la périphérie bruxelloise, inodore, incolore et insipide... S'agissant du futur de la Belgique, tout est théoriquement à refaire (nouvelles consultations royales, nouveau gouvernement, nouvelle déclaration gouvernementale, etc.).
Comment la nomination s'est-elle passée ?
La présidence suédoise de l'Union européenne a ouvert jeudi soir le dîner de travail des chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union en proposant la désignation de notre premier ministre au poste de président permanent du Conseil, et celle de la Britannique Catherine Ashton comme chef de la diplomatie. Cette proposition a été soumise pour approbation aux 27 dirigeants européens à l'occasion d'un tour de table. La décision est tombée rapidement car aucune voix ne s'est élevée contre cette proposition.
> La première déclaration publique de l'européen Van Rompuy
La presse belge s'enchante...
Cette nomination fait logiquement la Une de tous les media belges vendredi. Si les journaux belges se montrent plutôt fier (bien que craintif par rapport à l'avenir du gouvernement fédéral), la presse européenne est nettement moins enthousiaste.
"Yes!" titre La Libre Belgique au dessus d'une photo pleine page d'Herman Van Rompuy. "Un Belge à la tête de 460 millions d'Européens", mentionne pour sa part La Dernière Heure au-dessus du visage souriant du Premier ministre. "Van Rompuy N°1 européen", annonce Vers l'Avenir en montrant une photo sur laquelle Herman Van Rompuy et le président français Nicolas Sarkozy sont hilares en se faisant une accolade. "Herman Van Rompuy au firmament européen", titre quant à lui l'Echo.
"Félicitations Monsieur le Président", titre le Nieuwsblad sur une pleine page. Het Belang Van Limburg souligne quant à lui l'événement par un bandeau jaune mentionnant "Historique". Dans Het Gazet Van Antwerpen, Herman Van Rompuy, devenu Herman 1, prend l'allure du Roi Soleil tandis que Het Laatste Nieuws et De Standaard n'hésitent pas à sortir les étoiles pour le nouveau président.
... la presse européenne déchante
Sous le titre, "Un homme discret à la tête de l'Europe", le Parisien/Aujourd'hui en France" se demande ainsi si Van Rompuy et Ashton auront assez de poids pour faire vivre ces deux nouveaux postes crées par le traité de Lisbonne ?". Libération (gauche) qualifie de son côté M. Van Rompuy de "président pour la déco". "Pour son premier acte", poursuit le journal, "l'Europe du traité de Lisbonne a donc fait le choix de personnalités qui ne dérangent personne". "A défaut d'avoir nommé un représentant de la +Nouvelle Europe+, les Vingt Sept ont au moins réussi à désigner une femme, mais pas la plus brillante", ajoute Libération.
Dans un commentaire en ligne, le journal espagnol El Mundo (centre-droit) est également dubitatif: "Deux inconnus sur la scène européenne et encore plus internationale, sans à peine d'expérience en politique étrangère, et novices de l'UE, assumeront la représentation des 27 dans le monde".
Pour El Pais, "La nouvelle Europe concrétisée par le Traité de Lisbonne sera commandée par deux figures ternes et de bas profil". La presse allemande juge également Herman Van Rompuy et Catherine Ashton incapables d'incarner une voix européenne forte.
"Ces deux personnalités (...) peuvent-elles incarner cet élan promis par ceux qui nous gouvernent ? Le traité de Lisbonne est la version quelque peu allégée de ce qui avait à l'origine été baptisé Constitution de l'UE. Le mot était trop grand pour les ambitions des Européens. Ceux de ministre des Affaires étrangères et de président de l'UE ont maintenant l'air bien grands", affirme ainsi le Frankfurter Allgemeine Zeitung (FAZ, conservateur).











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