Le Premier ministre Nouri Al-Maliki a ordonné dimanche l'ouverture d'une enquête sur des détecteurs d'explosifs largement utilisés en Irak au lendemain de l'annonce de l'arrestation de leur exportateur britannique, accusé de tromperie sur leur fonctionnement.
M. Maliki "a ordonné la formation d'une commission d'enquête sur cette question", a affirmé le porte-parole du gouvernement, Ali Dabbagh à la télévision publique Iraqia.
"Tout le monde sera concerné (par cette enquête) et pas seulement le ministère de l'Intérieur, toutes les instances qui ont passé des contrats ou conseillé d'utiliser ce type de machines", a-t-il ajouté.
"Comment peut-on passer des contrats avec quelqu'un qui n'a pas d'adresse ou de siège en Grande-Bretagne?", s'est-il interrogé en référence au directeur de la société ATSC qui fabrique ces engins, Jim McCormick.
M. McCormick a été interpellé puis libéré sous caution, pour avoir vendu à l'Irak des détecteurs de bombe qui ne fonctionneraient pas correctement, avait indiqué samedi la police britannique.
Après l'arrestation du directeur de la société ATSC, le gouvernement britannique a annoncé qu'il interdisait l'exportation des détecteurs de bombe en question (l'ADE 651), omniprésents en Irak à tous les barrages de sécurité.
"L'enquête va débuter très bientôt", avait affirmé plus tôt Ammar Touma, un député membre de la commission parlementaire de défense et de sécurité..
"Nous allons commencer à rassembler des indices pour déterminer comment cet équipement a été vendu à l'Irak", a de son côté déclaré le chef de la cette commission, Hadi Al-Ameri.
"Si la société britannique est responsable, nous allons demander des dommages et intérêts par l'intermédiaire du ministère des Affaires étrangères", a insisté M. Touma.
Selon M. Touma, l'enquête doit déterminer "s'il y a de la corruption". "Je veux une enquête sur les raisons de l'achat de ces engins", a-t-il insisté.
L'ADE 651 se manie à la main et utilise des cartes en papier censées pouvoir détecter des explosifs tels que le C4 et le TNT, de même que les armes.
Il s'apparente à un petit pistolet en plastique, équipé d'une antenne, qui est censée pointer dans la direction d'exploifs ou d'armes.
Il a été acheté en grand nombre, pour des sommes qui pourraient atteindre entre 16.500 jusqu'à 60.000 dollars, par les forces de sécurité irakiennes.
Dimanche, l'engin était utilisé à tous les barrages de Bagdad, à Mossoul (nord) et Bassora (sud), d'après des journalistes de l'AFP.
"Ca marche très bien quand je fouille des véhicules. Il détecte tout, même l'huile hydraulique ou les CD", a affirmé à l'AFP Riyad Mehdi à un barrage de Salhiya, un quartier du centre de Bagdad.
Un autre policier s'exprimant sous couvert de l'anonymat, disait ne pas croire en l'utilité du détecteur. "Nous savons que cela ne marche pas, qu'il a été interdit mais nous continuons à l'utiliser et à mentir", a-t-il dit.












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