Des survivants du massacre de Srebrenica ont demandé lundi au Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY) de retirer un juge allemand du panel préparant le procès contre Ratko Mladic en l'accusant d'avoir nié le génocide commis dans cette ville de Bosnie.
Le TPIY a vigoureusement rejeté ces accusations, indiquant que "les rapports selon lesquels le juge Flügge aurait publiquement nié qu'un génocide a été commis à Srebrenica sont faux" et relèvent "d'une "interprétation erronée". Dans une lettre adressée au président du TPIY Patrick Robinson, trois des principales associations de victimes musulmanes de Bosnie indiquent "protester contre la nomination du juge Christoph Flügge", en l'accusant d'avoir "nié le crime de génocide", dans un entretien paru sur le site en anglais du magazine allemand Der Spiegel le 7 septembre 2009. Dans cette interview, M. Flügge est interrogé sur la qualification de génocide pour le massacre de Srebrenica au cours duquel environ 8.000 Musulmans ont été tués en 1995 par les forces serbes de Bosnie. "Je ne veux pas discuter à propos de ce cas spécifique. Plus généralement, cependant, je me demande si nous avons même besoin du terme génocide pour caractériser de tels crimes", avait-il répondu. Le TPIY a nommé vendredi, au lendemain de l'arrestation de Mladic, les trois juges qui s'occuperont de la phase préliminaire du procès de l'ancien général. Ces juges ne seront pas obligatoirement ceux qui le jugeront. Le TPIY a qualifié le massacre de Srebrenica de génocide, considéré comme le crime le plus grave en droit international. (DGO)