M. Orban, qui assistait à ce débat à sa demande, avait tenté en préambule d'apaiser les critiques formulées envers les réformes constitutionnelles qui valent au pays l'ouverture d'une triple procédure d'infraction depuis mardi. "Ce qui arrive dans notre pays est un processus de renouvellement passionnant et urgent", a par exemple tenté de justifier le Premier ministre hongrois, expliquant notamment que son pays venait de réformer une constitution datant encore de l'ère communiste.
Ceci ne l'a pas privé d'une volée de critiques, émanant de la gauche du Parlement et du groupe libéral. "Vous prenez une mauvaise direction, celle des Chavez et Castro!", a attaqué le chef de groupe des Verts, Daniel Cohn-Bendit. Hannes Swoboda, le nouveau chef du groupe social-démocrate, a lui jugé que la Hongrie - entrée dans l'UE en 2004 - ne pourrait plus y entrer aujourd'hui vu les récentes réformes.
Verhofstadt va très loin dans ses demandes de sanctions
Au nom des libéraux, Guy Verhofstadt a critiqué l'attitude de la Commission qui a lancé mardi trois procédures d'infractions visant les seules réformes concernant la banque centrale hongroise, la mise à la retraite anticipée des juges, et l'indépendance de l'agence de protection des données. "Il y a au total une trentaine de plaintes officielles émanant des différentes institutions", a souligné notre ancien Premier ministre Open Vld. "L'enjeu, c'est bien plus que les trois procédures d'infraction", a-t-il ajouté à l'attention de la Commission.
Il a dans la foulée à nouveau demandé l'ouverture d'une enquête sur base de l'article 7 du Traité européen qui permet l'adoption de sanctions politiques envers les pays membres ne respectant plus les principes fondateurs de l'Union.
La droite dure et l'extrême droite soutiennent Orban
A l'inverse, les élus du Parti populaire européen (PPE, centre-droit), auquel appartient le Fidesz de M. Orban, ont fermement défendu le gouvernement hongrois, dénonçant au fil des interventions, tantôt la "désinformation des journalistes" sur la situation hongroise, tantôt "l'atteinte à la souveraineté du pays". Plus peut-être que les réformes hongroises, c'est d'ailleurs cette attitude du PPE qui a donné lieu aux plus vifs échanges entre eurodéputés, Louis Michel (MR) dénonçant notamment la "compréhension complaisante" du PPE. "Vous êtes pourtant les mieux placés pour leur faire entendre raison...", a-t-il lancé. Certains élus d'extrême droite, dont le Vlaams Belang, ont aussi apporté leur soutien au Premier ministre hongrois.
Orban tente de calmer le jeu
A l'issue de trois heures de débat parlementaire, le Premier ministre hongrois a précisé qu'il était prêt à revoir les dispositions critiquées par la Commission, mais pressé ses détracteurs de lire eux-mêmes la nouvelle constitution hongroise. "Vous verrez qu'elle contient plusieurs choses, comme la protection des minorités". Quant à ses convictions en faveur de la famille et du christianisme, "c'est peut-être une position minoritaire", a reconnu M. Orban. "Mais c'est une position européenne et nous avons le droit de la défendre", a-t-il ajouté. Il a encore justifié la mise à la retraite anticipée des juges hongrois par la nécessité de réformer l'ancien système des pensions "qui a ruiné le pays".
Le chef du gouvernement hongrois est attendu la semaine prochaine à Bruxelles pour rencontrer la Commission européenne. Celle-ci lui a donné un mois pour présenter des modifications à ses réformes controversées.












Grève générale: "On note une grande différence entre la Flandre et la Wallonie"
Augmentation salariale de 8% pour les ministres: "Une erreur dans un document"
"La promesse de réduire de 5%" les salaires des ministres "a été tenue"... avant l'indexation
Oupeye: un American staff abattu de 4 balles par la police
"Un réel mépris du politique": des pompiers en colère forcent un barrage (vidéo)
Remettre les chômeurs au travail: voici les idées de la ministre
Milquet veut que les enfants belges portent le nom du père et de la mère
Les pneus hiver bientôt obligatoires?
Grève 30 janvier: le point sur les perturbations prévues
La déduction fiscale des crédits habitations supprimée au fédéral en 2014