La "carte cannabis", visant à réserver l'accès des coffee shops aux seuls résidents des Pays-Bas, doit être introduite mardi dans le sud du pays, mais des propriétaires de ces établissements ont d'ores-et-déjà indiqué qu'ils braveraient la nouvelle législation.

Les propriétaires des coffee shops sont en effet opposés à la "carte cannabis", craignant un important manque à gagner et donc de devoir se séparer d'une partie importante de leur personnel.

A Maastricht (sud-est), près des frontières belge et allemande, où 1,4 millions de touristes de la drogue viennent s'approvisionner chaque année en cannabis, certains propriétaires de coffee shops ont assuré qu'ils braveraient la nouvelle législation.

Les autorités municipales ont de leur côté indiqué être prêtes à faire respecter la mesure et de sévir si besoin était, notamment en ordonnant la fermeture temporaire d'un établissement.

La "carte cannabis" doit être appliquée à partir de mardi dans les provinces du sud des Pays-Bas (Zélande, Brabant-Nord et Limbourg), frontalières avec la Belgique et l'Allemagne, et en 2013 dans le reste du pays. Les 670 coffee shops néerlandais doivent devenir des "clubs fermés" comptant au maximum 2.000 membres, domiciliés aux Pays-Bas et âgés de plus de 18 ans.

Cette nouvelle législation est destinée à lutter contre les nuisances --embouteillages, tapage nocturne et prolifération de vendeurs de drogue dans les rues-- provoquées par l'afflux de millions d'étrangers venant s'approvisionner en cannabis aux Pays-Bas.

Les autorités néerlandaises ont d'ailleurs récemment placé à la frontière de grands panneaux lumineux annonçant la nouvelle interdiction, avec le slogan "Nouvelles règles, pas de drogue".

Les propriétaires de 19 coffee shops des Pays-Bas avaient saisi le 18 avril la justice néerlandaise pour que la "carte cannabis" ne soit pas introduite, mais leur requête en référé avait été rejetée vendredi par le tribunal de La Haye.

La possession, la consommation et la vente au détail de moins de cinq grammes de cannabis, dans les coffee shops, sont tolérées aux Pays-Bas depuis 1976. La culture et la vente en gros, contrôlées par des groupes criminels, sont, elles, interdites.

La ministre belge de l'Intérieur Joëlle Milquet avait indiqué lundi que le changement de législation faisait craindre un "déplacement des ventes illégales" sur le territoire belge, mais avait assuré que la Belgique était prête à sévir contre les touristes de la drogue.