Plus de 100.000 manifestants ont défilé mardi dans 80 villes d'Espagne pour un 1er mai marqué par la crise, les coupes budgétaires et une réforme du travail introduite par le gouvernement conservateur pour tenter de réduire le taux de chômage record.
Derrière une grande banderole où l'on pouvait lire "Travail, dignité, droits. Ils veulent tout détruire", des dizaines de milliers de personnes ont parcouru le centre de Madrid en agitant des milliers de petits drapeaux rouges. Selon les deux principaux syndicats espagnols, UGT et CCOO, qui avaient convoqué les manifestations, "près d'un million de personnes" ont défilé dans toute l'Espagne, dont 110.000 à Madrid et 100.000 à Barcelone. La police chiffrait elle à 15.000 le nombre de participants dans la capitale catalane. Introduite par le gouvernement de Mariano Rajoy pour relancer un marché du travail sinistré depuis l'explosion de la bulle immobilière en 2008, la réforme du travail est loin d'avoir fait ses preuves: l'Espagne a pulvérisé vendredi un nouveau record de chômage dans les pays industrialisés, avec un actif sur quatre (24,4%) sans emploi, soit 5,64 millions de chômeurs. Engagé dans une course à la réduction du déficit, le gouvernement conservateur espagnol a annoncé cette année le budget le plus austère de son histoire, prévoyant 27,3 milliards d'euros d'économies. Le 20 avril, il a en outre adopté un plan de rigueur visant les secteurs très sensibles de la santé et de l'éducation, gérés en Espagne par les 17 régions, espérant ainsi dégager 10 milliards d'euros d'économies par an. (VIM)