La formation néonazie "Aube dorée" a donné sa toute première conférence de presse, au siège du parti, après avoir fait son entrée dans le parlement grec. Lorsque le dirigeant du parti est entré dans la salle, ordre a été donné aux journalistes présents de se lever pour l'accueillir. "Debout, levez-vous! Debout!", a hurlé un molosse au crâne rasé. La scène, filmée par les caméras, est révélatrice des méthodes musclées de ce parti qui s'est fait connaître par sa violence à l'égard des étrangers et des démocrates, rapporte notre journaliste Jean-Pierre Martin.



La violente gifle à la suite du scrutin grec

La Grèce vient de connaître un vote sanction historique contre le vieux système bipartite. La Nouvelle Démocratie (droite) arrive en tête des législatives de dimanche mais sans majorité, avec 18,8% de voix soit 108 sièges au parlement, tandis que pour la première fois Syriza (gauche radicale) obtient la deuxième place avec 16,7% devant le Pasok socialiste (13,2%), a indiqué le président du parlement Philippos Petsalnikos. A droite, l'entrée pour la première fois au parlement du parti néo-nazi Chryssi Avghi, avec un score de 6,9% et 21 sièges, est une première en Grèce, qui reste marquée par la junte des colonels, l'une de plus sombres pages de l'histoire contemporaine du pays entre 1967 et 1974.


Trois jours pour former un gouvernement

M. Samaras, le dirigeant  de la Nouvelle-Démocratie (droite) doit maintenant tenter de former un gouvernement de coalition. Le patron de la droite pro-austérité a déjà prévu de rencontrer d'ici la fin de la journée l'ensemble des chefs des partis parlementaires pour entamer les négociations. Il n'aura que trois jours pour former son équipe gouvernementale, qui ne pourra voir le jour qu'avec la coopération d'au moins deux autres partis et risque donc d'être très fragile.



Les deux partis n'obtiennent pas la majorité

Même avec les socialistes du Pasok, ex-partenaire de la droite dans un exécutif de coalition depuis novembre, les deux partis ne parviennent pas à la majorité. Le parti de l'ancien ministre des Finances Evangélos Vénizélos obtient le pire score de son histoire avec 13,18% des voix soit 41 sièges.


 
Le recours à un 3e parti sera un casse-tête

Le recours indispensable à un troisième parti est loin d'être évident car les cinq autres formations qui ont franchi la barre des 3% nécessaire pour entrer au parlement sont toutes, à des degrés divers, opposées au memorandum d'accord de la Grèce avec les bailleurs de fonds, qui impose au pays une austérité drastique en échange de l'aide internationale. Ces cinq partis -trois à gauche, deux à droite dont la formation néo-nazie Chryssi Avghi- détiennent ensemble la majorité arithmétique du parlement soit 151 sièges.
 


S'il échoue, le mandat reviendra à la gauche radicale

En vertu de la Constitution, si M. Samaras échoue au bout de trois jours à former un gouvernement de coalition, le président de la République, M. Papoulias, doit remettre "ce mandat exploratoire" pour la formation d'un exécutif au dirigeant du deuxième parti, soit à Alexis Tsipras, chef du parti de gauche radicale Syriza. Celui-ci a créé la surprise en obtenant 16,78% des suffrages, soit 52 sièges au parlement, contre 4,6% aux législatives en 2009. Et si M. Tsipras dans un délai de trois jours n'arrive pas non plus à former un gouvernement de coalition, le mandat reviendrait au troisième parti, c'est à dire aux socialistes du Pasok.


 
En cas d'échec total, une réunion de la dernière chance sera organisée

Au cas où ce dernier ne réussirait pas lui non plus à nouer les alliances nécessaires, le chef de l'Etat convoquerait les leaders de tous les partis parlementaires pour une réunion de la dernière chance. La Constitution ne fixe pas de délai pour cet ultime effort d'entente, qui peut durer plusieurs jours.
 


Les dix prochains jours seront cruciaux

Lundi, le journal Ta Néa (centre-gauche) décrivait en Une un "cauchemar: l'impossibilité de former un gouvernement", en soulignant que de nouvelles élections anticipées ne sont pas exclues. Les dix prochains jours seront donc cruciaux pour la Grèce, qui redevient le centre des inquiétudes de la zone euro et de ses créanciers, UE et FMI, qui avaient décidé de lui accorder deux prêts successifs de 240 milliards d'euros au prix de l'imposition d'une austérité draconienne depuis 2010.