L'ex-ministre de l'Intérieur du gouvernement Berlusconi, Roberto Maroni, a été élu dimanche à la tête de la Ligue du nord, pour succéder au leader historique Umberto Bossi de ce parti populiste italien, qui cherche à se relancer après une série de scandales.
Maroni, unique candidat, a été désigné secrétaire fédéral lors d'un scrutin à main levée au terme d'un congrès du parti organisé à Assago, près de Milan. Dans un discours, M. Maroni a tenté de redonné courage aux militants en promettant de "continuer à faire le ménage" au sein du parti. La Ligue du nord est empêtrée depuis janvier dans un scandale lié à l'utilisation des "remboursements électoraux", des fonds accordés par l'Etat à toutes les formations politiques en fonction de leurs résultats électoraux. L'affaire qui a débuté avec une enquête visant le trésorier du parti Francesco Belsito a pris rapidement de l'ampleur et touché directement l'entourage de M. Bossi, accusé d'avoir puisé dans la caisse du parti pour financer des dépenses personnelles: rénovation de maisons, fonctionnement d'une école, location de voitures de luxe et même soins dentaires. Umberto Bossi a dû démissionner en avril de la direction opérationnelle du parti, prenant la charge honorifique de président dans l'attente du congrès de dimanche. Parlant du sud défavorisé de l'Italie, M. Maroni a ainsi estimé que le Nord a "lui aussi une Grèce qui est en train de (l')étrangler, une Grèce que nous avons toujours assistée. C'est le moment de dire assez+". Sur le même ton, il a jugé nécessaire de "créer une nouvelle Europe", estimant qu'"à défaut, il vaut mieux sortir de l'euro". (MUA)