Le Premier ministre roumain Victor Ponta a annoncé lundi avoir transmis à la Cour constitutionnelle des chiffres sur les "personnes devant se trouver sur les listes électorales", trois semaines après le référendum sur la question d'une destitution du président Traian Basescu.
Lors du référendum du 29 juillet, bien que plus de 87% des votants se soient prononcés pour le départ de M. Basescu, le seuil minimum de participation requis (50% des inscrits plus un) pour que le référendum soit validé n'a pas été atteint, selon les résultats du Bureau électoral.
La Cour constitutionnelle doit se prononcer mardi sur la validité du référendum.
"Nous avons demandé aux différentes institutions en Roumanie et à l'étranger des données concernant ceux qui devraient se trouver sur les listes électorales et la situation actuelle", a déclaré M. Ponta au cours d'une conférence de presse.
Le Premier ministre a évoqué le chiffre de 34.654 personnes --dont une majorité de morts-- qui "devront être radiées des listes par les maires", auxquelles s'ajoutent 512.379 personnes dont les cartes d'identité ont expiré.
Il a également annoncé que le ministère des Affaires étrangères avait recensé un peu plus de trois millions de Roumains "ayant un droit légal de séjour à l'étranger".
"J'ai transmis ces chiffres à la Cour qui devra prendre une décision demain" (mardi, NDLR), a-t-il indiqué, évitant de préciser si le gouvernement estimait que ces quelque 3,5 millions de personnes ne devraient plus figurer parmi les 18,2 millions d'électeurs inscrits sur les listes utilisées lors du référendum.
Eugen Nicolaescu, un des responsables de l'Union sociale-libérale (USL), la coalition de centre-gauche au pouvoir et à laquelle appartient M. Ponta, a de son côté affirmé clairement que ces personnes devaient être "retranchées" des listes, ce qui aboutirait à changer le résultat du référendum.
La Cour constitutionnelle avait demandé la semaine dernière au gouvernement de communiquer le "nombre de personnes inscrites sur les listes électorales permanentes actualisées à la date du 10 juillet 2012" et qui doivent comprendre "les citoyens roumains ayant le droit de vote, qui ont eu 18 ans jusqu'au jour du référendum" du 29 juillet.
Selon la loi et l'Autorité électorale permanente, l'actualisation des listes prévoit d'en éliminer trois catégories: "les personnes décédées, celles ayant perdu le droit de vote et celles ayant perdu la citoyenneté roumaine".
Le gouvernement avait demandé il y a deux semaines aux préfets, aux maires et au ministère des Affaires étrangères de rédiger des listes comprenant neuf catégories de personnes susceptibles d'être éliminées des listes.
Le ministre de l'Intérieur qui avait organisé le scrutin, Ioan Rus, avait à plusieurs reprises certifié la validité et le caractère actualisé des listes utilisées, avant de démissionner, dénonçant des "pressions inacceptables" pour allonger ou raccourcir ces listes après le vote.
La semaine dernière, le secrétaire d'Etat adjoint américain aux Affaires européennes, Philip Gordon, avait prévenu lors d'une visite à Bucarest que si "un résultat était obtenu sur la base de certaines listes utilisées (pour le référendum) et que ces listes étaient ensuite actualisées, changées et révisées d'une manière qui change le résultat, cela entraînera des questions à (...) l'étranger".












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