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Un homme abattu après avoir attaqué des militaires à l'aéroport de Paris-Orly: il a dit être "là pour mourir par Allah"

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Un Français de 39 ans, un ancien braqueur multirécidiviste qui avait présenté des signes de radicalisation, a attaqué samedi matin une patrouille militaire à l'aéroport d'Orly, affirmant vouloir "mourir par Allah" avant d'être abattu.

"Posez vos armes! Mains sur la tête! Je suis là pour mourir par Allah. De toute façon, il va y avoir des morts". Ce sont les mots de Ziyed Ben Belgacem, qui a attaqué à 08H22 trois militaires dans le hall 1 d'Orly-Sud, a déclaré le procureur de Paris François Molins.

Cette attaque est survenue à un mois de la présidentielle, dans un pays confronté depuis deux ans à une vague d'attentats jihadistes ayant fait 238 morts.


Un "parcours violent et destructeur"

L'agression d'Orly est le terme d'un "parcours violent et destructeur" entamé à 06H55 à Garges-lès-Gonesse (Val-d'Oise), une commune de la banlieue nord de Paris où il demeurait. Arrêté à un contrôle routier, il tire au pistolet à grenailles sur des policiers, en blessant légèrement un à la tête, et prend la fuite.

Il réapparaît ensuite à une trentaine de kilomètres de là, à Vitry-sur-Seine (Val-de-Marne) dans la banlieue sud, où il vole notamment une voiture, avant de gagner l'aéroport d'Orly-Sud.

Au premier étage de l'aérogare, il menace avec son pistolet à grenailles une militaire. Au terme d'un corps-à-corps avec la jeune femme, il parvient à se saisir de son fusil d'assaut Famas avant d'être abattu par un autre soldat de la patrouille.

Avant d'attaquer la militaire, il a "jeté au sol un sac à dos contenant un bidon d'hydrocarbures", a précisé le procureur à la presse. L'assaillant avait aussi en sa possession un briquet et un paquet de cigarettes, ainsi que 750 euros et un coran.

La "lutte qui dure plus de deux minutes démontre de façon assez évidente la très forte volonté de l'agresseur" d'"aller au bout de ce processus", a-t-il affirmé.

Le choix de la cible, des militaires de l'opération Sentinelle, "correspond aux mots d'ordre diffusés par les organisations terroristes jihadistes", a relevé le procureur Molins.



"Détecté comme radicalisé"

Ziyed Ben Belgacem était connu des services de police. Son casier judiciaire porte "neuf mentions" pour des faits de droit commun, et il avait fait plusieurs passages en prison pour des affaires de vols et de trafic de stupéfiants, le dernier en 2016. Il était depuis sous contrôle judiciaire. Les services de renseignement l'avaient également "repéré comme radicalisé à l'occasion d'un passage en détention au cours des années 2011-2012". Une perquisition administrative après les attentats de Paris en novembre 2015 n'avait cependant "rien donné".

Trois personnes de son entourage sont en garde à vue: son père, son frère et un cousin, qui se sont présentés spontanément à la police. Ce dernier avait rencontré Ziyed Ben Belgacem durant la nuit qui a précédé les faits.

Selon une source proche de l'enquête, le père et le frère ont déclaré avoir été appelés par l'assaillant qui leur a dit: "J'ai fait des bêtises, j'ai tiré sur des gens et on m'a tiré dessus".


Hollande salue "le courage" des policiers et militaires 

Le président François Hollande a "(salué) le courage" des policiers et militaires face à un "individu particulièrement dangereux". Il a souligné "la détermination de l'Etat à agir sans relâche pour lutter contre le terrorisme, défendre la sécurité de nos compatriotes et assurer la protection du territoire".

La veille, M. Hollande, avait jugé que l'état d'urgence, instauré lors des attentats de novembre 2015 (130 morts), en devait pas être levé, après l'explosion d'un colis piégé au siège du FMI à Paris.


"Ca a été la panique générale: les gens couraient de partout"

A Orly, où le trafic aérien a été totalement interrompu samedi matin, les autorités déroutant des dizaines de vols, l'attaque a suscité panique et pagaille, sans faire de blessés. Les témoins qui ont assisté à l'attaque ont décrit une scène aussi brève que violente.

Sofiane Slim, agent d'escale de la Royal Air Maroc, se trouvait au rez-de-chaussée quand ont retenti les coups de feu. "Ça a été la panique générale: les gens couraient de partout". Le trafic aérien a repris par étapes dans l'après-midi.

L'attaque est survenue un mois et demi après une précédente agression contre une patrouille militaire au musée du Louvre, au coeur de Paris. Un Égyptien de 29 ans y avait attaqué les soldats à la machette, avant d'être blessé grièvement. Elle intervient également alors que la Belgique s'apprête à commémorer le 1er anniversaire des attentats de l'aéroport et du métro de Bruxelles le 22 mars (32 morts).


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