Ce matin le New York Times a décortiqué la réaction en France à l'affaire "DSK". Le journal écrit notamment que les Français ont toujours été complices en acceptant de garder certains secrets, craignant les révélations susceptibles de déchirer le tissu social. Quand un journaliste avait demandé à François Mitterrand s'il était vrai qu'il avait eu une fille hors mariage, celui-ci avait répondu : "Oui, c'est vrai. Et alors ? C'est une affaire privée."
"Nous pensions que nous étions supérieurs aux Américains"
"Nous pensions que nous étions supérieurs aux Américains et aux Anglais en soutenant le principe de protection de la vie privée," explique Pierre Haski, un des politologues principaux français et co-fondateur du site Web politique Rue89, lors d'une interview. "Mais nous les journalistes n'avons pas fait notre travail correctement. Nous avons été utilisés et abusés en gardant les secrets. Nous devons définir notre rôle d'une façon plus agressive et nous dire que tout ne doit pas être considéré comme privé," confie l'homme.
"Cela avait un impact sur la politique étrangère"
Pierre Haski ajoute qu'il a eu tort de garder des informations relatives à certaines figures politiques françaises. "Je savais que quand Roland Dumas était le ministre des Affaires Etrangères, il a eu une histoire avec la fille du ministre de la Défense Nationale de la Syrie," déclare-t-il. "Je ne l'ai pas mentionné car il était une question de sa vie privée. J'ai eu tort car cela avait un impact sur la politique étrangère de la France", ajoute-t-il.
Pour vivre heureux, vivons caché
Les Français ont longtemps été habitués aux histoires non confirmées de personnalités puissantes et des politiciens, constate le New York Times. Ils sont tolérants en ce qui concerne le comportement privé des autres personnes, plus particulièrement sur le plan sexuel. Les vies privées ne doivent pas être envahies: "Pour vivre heureux, vivons caché," comme a dit Jean-Pierre Claris de Florian, le poète 18ème-siècle.
"Il est sûrement victime d'un piège"
Pendant le scandale de Bill Clinton-Monica aux États-Unis, quelques politiciens français ont voulu féliciter le président Clinton pour sa force de libido. "Il aime les femmes, cet homme!" Marie-Christine Boutin, député au Parlement avait confié: "C'est un signe de bonne santé!". Mme Boutin a défendu M. Strauss-Kahn après son arrestation, expliquant qu'il était sûrement victime d'un piège.
Peur des conséquences
Les lois de diffamation protègent tellement la vie privée que la moindre intrusion mène inévitablement au procès et à de lourdes amendes et les médias français ont peur de lourdes punitions. En 2005, le magazine hebdomadaire Paris-Match a publié une photo de Cécilia Sarkozy avec Richard Attias connu pour être son amant. Elle est devenue la Première Dame en 2007 et le rédacteur Alain Genestar a été renvoyé. Arnaud Lagardère, qui contrôle le groupe de publication du magazine, est un ami proche de Sarkozy.
"Aux USA si vous avez une maîtresse, vous êtes dehors"
"Aux Etats-Unis si vous avez une maîtresse, vous êtes dehors," a confié Mr Haski. "Si Strauss-Kahn a une maîtresse, je ne m'inquiète pas. Si il a fait quelque chose de plus sérieux qui affecterait sa capacité en tant que figure publique, c'est autre chose. Nous n'avons pas fait notre travail correctement sur Strauss-Kahn. Mais je crains que ce scandale nous mène à une politique de chambre à coucher,ce que je détesterais," ajoute Pierre Haski.













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