Une jeune patiente de 13 ans a pu avoir sa puberté grâce à la greffe de ses propres tissus ovariens, qui avaient été préservés par congélation, avant un traitement stérilisant destiné à guérir la maladie génétique grave du sang dont elle souffrait, selon ses médecins.

 

Dépranocytose

La fillette était atteinte d'une forme majeure de la drépanocytose, qui entraîne des problèmes vasculaires importants pouvant menacer la vie, ont expliqué les médecins lundi dans un communiqué commun aux équipes qui ont contribué à ce succès, présenté comme une première mondiale. Dans ce cas, une greffe de cellules souches sanguines de moelle (à l'origine des cellules du sang: globules blancs et rouges...) avec donneur permet des guérisons dans 95% des cas de la drépanocytose, notent les médecins.

 

Eviter l’infertilité

Mais avant d'injecter ces cellules réparatrices, il faut au préalable administrer un traitement pour détruire les propres cellules souches sanguines de la patiente, porteuses de la maladie sanguine. Or ce traitement est toxique pour les ovaires : il empêche dans la plupart des cas une puberté spontanée et est responsable d'infertilité à l'âge adulte. La fillette a donc bénéficié d'une congélation préservatrice de tissus ovariens avant le traitement stérilisant.

 

Se passer du traitement hormonal

L’autogreffe de ces tissus ovariens (après décongélation) a été réalisée en 2007, bien après la greffe de moelle, par les Drs Pascal Piver (CHU de Limoges) et Fadi Abirached au Centre Hospitalier Intercommunal de Créteil. L'intervention, sous anesthésie locale avec un patch d'anesthésiant, a consisté à placer sous la peau trois petits fragments de cortex ovarien. Cette autogreffe, qui a permis d’éviter à l'adolescente de prendre un traitement hormonal substitutif, a induit sa puberté (règles...).

 

15 ans déjà

Depuis une quinzaine d'années, les patientes devant subir des traitements très toxiques pour les ovaires (cancer ou autres pathologies comme cette maladie sanguine) se voient proposer de préserver leur fertilité en conservant par congélation du tissu ovarien.L'autogreffe de cortex ovarien (périphérie de l'ovaire), après congélation et décongélation, a actuellement permis la naissance d'une vingtaine d'enfants au monde.