Dominique Strauss-Kahn est sorti libre mercredi soir de sa garde à vue après avoir été entendu pendant 32 heures par la police à Lille (nord) dans l'affaire de proxénétisme dite du Carlton, mais l'ex patron du FMI n'échappera pas à une convocation devant les juges.
Selon une source proche du dossier, les juges d'instruction le convoqueront ultérieurement pour une éventuelle mise en examen (inculpation) ou pour l'entendre comme témoin assisté, un statut intermédiaire entre celui de simple témoin et de mis en examen. M. Strauss-Kahn avait été convoqué mardi matin et placé en garde à vue pour "complicité de proxénétisme aggravé en bande organisée" et "recel d'abus de biens sociaux". DSK a été interrogé au sujet de soirées libertines auxquelles il aurait pris part, notamment à Paris et Washington, afin de déterminer s'il savait que les femmes qui y participaient étaient des prostituées. Son avocate Me Frederique Baulieu a déclaré que son client était "parfaitement satisfait d'avoir été entendu dans des conditions de grande sérénité". "Il s'est complètement expliqué sur l'ensemble des faits pour lesquels il a été interrogé", a-t-elle poursuivi. Elle n'a pas répondu à la question sur une convocation de DSK par les juges, invoquant "le secret de l'instruction. Le dossier est actuellement entre les mains des magistrats instructeurs, ce sera à eux d'en décider", a-t-elle affirmé. Les infractions de "complicité de proxénétisme aggravé en bande organisée" et recel de biens sociaux sont passibles de peines pouvant atteindre respectivement 20 ans de réclusion criminelle et cinq ans d'emprisonnement. (VIM)