François Hollande, candidat PS à la présidentielle, a qualifié jeudi de "mystification" le projet de Nicolas Sarkozy visant à réformer la prime pour l'emploi.

Interrogé par France Inter sur cette proposition du président-candidat - allègement des charges sur les bas salaires en supprimant la prime pour l'emploi -, le candidat a assuré: "nous sommes dans une campagne électorale. Les promesses peuvent se faire, elles ne peuvent pas être des tours de passe-passe, des mystifications et hier, c'était une mystification".

On dit "à des salariés qui gagnent 1.000, 1.200, 1.400 euros qu'ils vont gagner 1.000 euros en plus", a fait valoir le député de Corrèze, mais "ce qu'on ne dit pas - et c'est là la mystification et le tour de passe-passe - c'est que ces mêmes salariés vont perdre la prime pour l'emploi".

"J'ai fait les calculs: trois euros, vont avoir les salariés concernés. Trois euros par mois en plus", a-t-il assuré. "Qui vont être les perdants de cette affaire ? Les familles, puisque la prime pour l'emploi est une prime calculée par rapport à la famille". "C'est une forme de mensonge de candidat", a insisté M. Hollande qui a encore parlé de "promesse fallacieuse".

François Hollande a également affirmé que les regrets exprimés par Nicolas Sarkozy sur la célébration au Fouquet's de sa victoire de mai 2007 l'avaient "touché", car il y avait "un côté petit garçon", "quelque chose d'émouvant". "Oui, ca m'a touché. Il y a un côté petit garçon qui vient de dire qu'il ne retournerait plus au Fouquet's la fois prochaine", a déclaré sur France Inter le député de Corrèze, interrogé sur cet erreur concédée mercredi soir par Nicolas Sarkozy.

"Il a même balbutié, bafouillé. Il y avait quelque chose d'émouvant de celui qui était allé au Fouquet's il y a cinq ans et qui promettait de ne plus y revenir", a-t-il assuré. "Eh bien, il n'aura pas besoin d'y revenir, puisque j'espère qu'il ne sera plus président", a conclu M. Hollande sur ce point.

Le chef de l'Etat, candidat à sa réélection, a affirmé mercredi soir au journal de France 2 à propos du Fouquet's, en butant sur les mots : "Si c'était à refaire, je ne referais... ne reviendrais pas dans ce restaurant puisque que ça été vraiment le feuilleton".