Le candidat à la présidentielle de la gauche radicale Jean-Luc Mélenchon réunit samedi ses partisans sur une plage de Marseille, à la veille de la bataille des méga-meetings qui opposera à Paris Nicolas Sarkozy au favori des sondages, le socialiste François Hollande.
Plusieurs milliers de supporters de Jean-Luc Mélenchon, scandant "résistance !" et agitant des drapeaux du parti communiste sous le soleil de la Méditerranée, ont envahi en début d'après-midi la plage du Prado à Marseille.
"Ce n'est pas seulement la présidentielle, nous construisons le futur de la gauche.... Mélenchon a donné une nouvelle vie à la gauche, c'est un orateur extraordinaire et un très bon porte-parole pour notre mouvement", assure Alain Perret, 57 ans, cheminot à la retraite arborant faucille et marteau sur son T-shirt.
Après avoir rassemblé des dizaines de milliers de personnes place de la Bastille à Paris le 18 mars, puis à Toulouse le 5 avril, Jean-Luc Mélenchon a convié ses partisans à un troisième rassemblement géant, au moment où les sondages le placent au coude-à-coude avec la candidate d'extrême droite Marine Le Pen pour la troisième place au premier tour du scrutin le 22 avril.
Tribun flamboyant, cet ancien ministre socialiste âgé de 60 ans a fait depuis le début de la campagne une OPA sur l'électorat de la "gauche de la gauche", avec son slogan de campagne "Prenez le pouvoir !", ses appels au peuple et ses attaques virulentes contre le néolibéralisme.
Cette dynamique est spectaculaire dans ses meetings, qui sont les plus grands succès populaires de la campagne, et qui ont abandonné les grandes salles traditionnellement utilisées par les partis, au profit d'espaces en plein air.
Un succès qui fait des émules : dimanche, le président sortant Nicolas Sarkozy va réunir ses supporters place de la Concorde à Paris, tandis que François Hollande convie ses partisans devant le château de Vincennes.
Jean-Luc Mélenchon a d'ailleurs ironisé sur le sujet sur son blog, jugeant que Nicolas Sarkozy et François Hollande l'imitent et qu'ils vont "maintenant eux aussi occuper les rues et parfois même se risquer sur des places".
A huit jours du premier tour, le président sortant et son principal challenger auront le même objectif : réunir plus de sympathisants que le camp adeverse, pour marquer un point symbolique dans la campagne.
Annoncé depuis des mois, le duel entre Nicolas Sarkozy et François Hollande se précise à l'approche du scrutin : à eux deux, ils drainent près de 60% de l'électorat, selon les instituts de sondages.
Les dernières enquêtes sont partagées, donnant l'un ou l'autre en tête d'un cheveu, autour de 28 contre 27%.
Le courant contestataire est fort, aussi, autour de 30% des intentions de vote avec en lutte pour la troisième place, Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon - entre 13% et 17% des intentions de vote.
Le centriste François Bayrou fait les frais de cette configuration : un temps troisième homme, il est engagé dans une spirale à la baisse, retombant autour de 10%, tout en restant très courtisé, tant par la gauche que par la droite, qui a vu vendredi en lui un "un très bon Premier ministre" de Nicolas Sarkozy si celui-ci était réélu.
Vendredi soir, il a toutefois nettement repoussé les avances des uns et des autres, soulignant qu'il était là "pour empêcher le deuxième tour Sarkozy-Hollande".
Dans tous les cas de figure, François Hollande est toujours donné vainqueur haut la main du second tour (entre 54 et 56% des voix).
Jeudi soir, pour la première fois, François Hollande a clamé sa foi en sa victoire. D'habitude prudent, François Hollande a dérogé à cette attitude : "On va gagner !", a-t-il lancé en fin de meeting à Clermont-Ferrand (centre).
Il a toutefois nuancé ces propos vendredi, estimant que "les sondages, les bons, ça peut démobiliser et les moins bons, ça peut décourager".
En déplacement en Corse, Nicolas Sarkozy a demandé vendredi aux Français de "faire abstraction de tous les votes que vous avez pu choisir tout au long de vos vies. Vous devez voter et choisir, pas en fonction du passé, mais en fonction de l'avenir", a-t-il insisté.









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