"Le président de la République a nommé M. Jean-Marc Ayrault Premier ministre et l'a chargé de former le nouveau gouvernement", a annoncé le secrétaire général de l'Elysée Pierre-René Lemas sur le perron de l'Elysée dans une très courte déclaration. Président du groupe parlementaire socialiste à l'Assemblée nationale, M. Ayrault succède à Matignon à François Fillon, chef du gouvernement de Nicolas Sarkozy de mai 2007 à mai 2012. Le nouveau gouvernement de Jean-Marc Ayrault doit être dévoilé d'ici à mercredi en fin de journée.

 


Tout comme Hollande, il n'a jamais été ministre

Comme le nouveau chef de l'Etat, M. Ayrault, 62 ans, n'a jamais été ministre. Elu en 1977 à la mairie de Saint-Herblain (Loire-Atlantique), il est maire de Nantes depuis 1989 et député depuis 1986. Conseiller spécial de François Hollande pendant la campagne présidentielle, Jean-Marc Ayrault, ancien professeur d'allemand, a été préféré pour Matignon à Martine Aubry ou Manuel Valls, malgré une condamnation en 1997 pour favoritisme dans l'attribution d'un marché public.

 

Il évoque la "lourdeur de la tâche"

Jean-Marc Ayrault s'est dit sur RTL "honoré par cette marque de confiance de François Hollande" et a évoqué "la lourdeur de la tâche" qu'il allait avoir à mener, en confirmant l'abandon de ses mandats de député et de maire. "Je suis honoré par cette marque de confiance de François Hollande, c'est une mission qui m'est confiée de diriger le gouvernement, le premier gouvernement de François Hollande, et il m'appartient maintenant de former ce gouvernement sous son autorité, de lui faire des propositions, c'est mon travail, mon premier travail", a dit M. Ayrault, quelques dizaines de minutes après l'annonce de sa nomination comme Premier ministre. Il s'agit "ensuite de se mettre au service du pays, il y a urgence à le faire, l'équipe qui sera constituée sera d'abord au service du pays", a-t-il promis. Revenant sur ce que cela signifiait pour lui, M. Ayrault a dit: "C'est l'aboutissement d'un long combat au côté de François Hollande, je mesure aussi la lourdeur de la tâche et de la mission qui m'incombe, c'est aussi un devoir car la France a besoin de se redresser dans la justice et en s'appuyant sur ses propres forces."

 

"Je suis quelqu'un de réservé... mais ça n'empêche pas la force des sentiments"

Alors qu'on lui demandait si sa vie allait changer, M. Ayrault a répondu: "Je m'adapterai, mais il faut garder, tout en maintenant la sécurité nécessaire, la simplicité, ça vaudra pour le Premier ministre comme pour tous les ministres." Est-il ému? "Complètement. Je suis quelqu'un de réservé... Mais sûrement, ça n'empêche pas la force des sentiments." Celui qui va quitter incessamment ses fonctions de député-maire de Nantes, conformément aux exigences du président Hollande, a par ailleurs assuré, concernant son fief nantais: "Je retrouverai les Nantais, que je n'oublie pas aujourd'hui, je pense à eux qui m'ont tant apporté, donc je resterai conseiller municipal de Nantes, simple conseiller municipal de Nantes, je pense à eux pour leur exprimer toute ma reconnaissance et ma fidélité."