La famille d'Imad Ibn-Ziaten, le premier des militaires tué par Mohamed Merah, a demandé que l'Etat reconnaisse qu'il est mort pour la France et refusé la compensation pour préjudice moral que lui a proposée le ministère de la Défense où elle a été reçue vendredi.

Reçus par un conseiller du ministre, qui n'a pas accepté la présence de leur avocat selon eux, le père, la mère et le frère du parachutiste tué le 11 mars ont déclaré à l'AFP, à leur sortie, être "déçus que l'on ne prenne pas en compte les circonstances de la mort" de leur parent.

Au titre du préjudice moral, le ministère de la Défense a proposé une somme d'argent en compensation mais la famille exige avant tout "une reconnaissance".

Et l'Etat lui refuse toujours, selon elle, une aide pour une sépulture au Maroc ainsi que "la Légion d'honneur à titre posthume pour les soldats qui sont morts pour la France".

Il y a quelques jours, la famille a reçu un courrier daté du 24 avril, signé par l'ancien ministre de la Défense, Gérard Longuet - remplacé depuis par Jean-Yves le Drian - reconnaissant qu'Imad Ibn-Ziaten était "mort en service". Mais pour ses proches, le caporal est bien "mort pour la France".

Les juges chargés de l'enquête, qui les ont reçus le 14 mai, leur ont rapporté ce que Mohamed Merah a dit à sa victime lors de l'agression qu'il a filmée le 11 mars: "T'es militaire? Est-ce que t'es militaire ? - Oui, répond Imad, je suis militaire. - Tu tues mes frères, moi je te tue", a raconté le frère de la victime pour lequel "C'est bien un militaire que Mohamed Merah visait".

Le sergent-chef Imad Ibn-Ziaten, 30 ans, qui appartenait au 1er Régiment du train parachutiste (RTP) de Francazal, près de Toulouse, a été la première des sept victimes de Mohamed Merah. Il a été abattu par ce dernier le 11 mars d'une balle dans la tête tirée à bout portant à Toulouse.