Le parti socialiste et ses alliés écologistes recueillent 40% des suffrages, tandis que la droite résiste bien avec 35%, selon les premières estimations diffusées à 20h00, heure à laquelle le scrutin s'est achevé dans les grandes villes. La gauche radicale obtient 7% et l'extrême droite 14%. La gauche aborde ainsi le second tour le 17 juin avec une relative sérénité, même si un mois après l'arrivée de François Hollande à la présidence, le Parti socialiste est loin de bénéficier d'un raz de marée électoral. "Il n'y a pas de vague rose", a d'ailleurs commenté l'ex-Premier ministre de droite, François Fillon.

François Hollande avait appelé les Français à lui donner "une majorité large, solide, cohérente" pour mettre en oeuvre ses promesses de campagne: revalorisation du pouvoir d'achat, réforme des retraites, redressement productif, éducation.

 

Majorité absolue ?

Une bonne partie de l'enjeu est maintenant de savoir si le Parti socialiste et ses alliés écologistes obtiendront la majorité absolue, à l'issue du second tour, ou s'ils devront s'appuyer sur la gauche radicale dirigée par Jean-Luc Mélenchon, qui a refusé d'entrer au gouvernement.

Environ 46 millions d'électeurs étaient appelés aux urnes et le taux de participation devrait être inférieur à 60%, selon les instituts de sondage, en baisse par rapport au précédent scrutin de 2007 (60,98%). Un taux qui a un impact direct sur l'influence du Front national, qui espérait un bon résultat dans la foulée des 17,9% obtenus par Marine Le Pen, sa dirigeante, à la présidentielle. Absent de l'Assemblée depuis 1988, le Front national espère obtenir quelques élus dans ses places fortes du Sud-Est ou du Nord, mais cela est loin d'être acquis, du fait du mode de scrutin, majoritaire à deux tours, qui lui fait payer son isolement politique.

 

Une "recomposition de la droite ?"

Marine Le Pen elle-même a trouvé sur sa route à Hénin-Beaumont (nord), outre un socialiste, le dirigeant de la gauche radicale, Jean-Luc Mélenchon, venu chercher une revanche sur la présidentielle au cours de laquelle il n'était pas parvenu à la devancer. A défaut d'avoir des députés, le Front national espère se maintenir dans un maximum de circonscriptions au second tour pour provoquer un débat sur la "recomposition de la droite" dont une partie pourrait être tentée localement de faire alliance avec lui contre la gauche. Mais en raison de l'abstention élevée, ces cas de "triangulaires" pourraient être limités car un candidat doit obtenir les votes d'au moins 12,5% des électeurs inscrits pour se maintenir au second tour le 17 juin.

 

Bayrou en difficulté

Quelque 6.603 candidats se disputent les 577 sièges de députés. Parmi les personnalités en situation délicate, le dirigeant centriste François Bayrou aura du mal à conserver son siège dans les Pyrénées-Atlantiques (sud-ouest), après sa contre-performance à la présidentielle (9%). Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault, lui-même candidat à Nantes (ouest), a averti que les membres du gouvernement battus devraient quitter leur poste. Les 24 ministres (sur 34) candidats se présentent cependant tous dans des circonscriptions où François Hollande l'a emporté.

La France est régie par un système hybride, semi-présidentiel, mais qui devient largement parlementaire si le chef de l'Etat ne dispose pas de la majorité absolue à l'Assemblée nationale. C'est le Premier ministre qui détient alors la plupart des pouvoirs.