Jean-Marc Ayrault et Martine Aubry tiennent mercredi soir à Paris un dernier meeting avant le second tour des législatives, pour mobiliser leur camp et tenter de dissiper le trouble provoqué au PS par le tweet retentissant de ValérieTrierweiler contre Ségolène Royal.

Lors de ce grand rassemblement d'entre-deux-tours organisé au Zénith, le Premier ministre et la première secrétaire du Parti socialiste, qui ont déjà tenu deux meetings communs à Nantes et à Lille, devraient appeler les électeurs de gauche à confirmer l'élan du premier tour pour donner une majorité forte et solide à François Hollande.

Au vu de son avance le 10 juin, où elle a totalisé 46,77% des voix contre 34,07% à la droite et 13,6% au FN, la gauche est en mesure d'obtenir une majorité absolue à l'Assemblée, le PS pouvant même espérer l'obtenir seul.

Falorni Mais ce scénario pourrait être perturbé par l'affaire du tweet de la Première dame qui a suscité l'émoi en apportant son soutien à Olivier Falorni, rival dissident de Ségolène Royal à La Rochelle, alors que François Hollande avait publiquement apporté son soutien à son ex-compagne.

Selon le politologue Frédéric Dabi (Ifop), c'est toutefois peu probable. "Il n'y aura pas de conséquence sur le rapport de force aux législatives" au niveau national. L'effet, selon lui, devrait être "nul", hormis peut-être dans la 1ère circonscription de La Rochelle, mais sans savoir dans quel sens.

M. Ayrault qui dès mardi était venu à la rescousse de Ségolène Royal en affirmant la soutenir "à fond", a haussé le ton mercredi dans une déclaration à l'AFP, en demandant explicitement à M. Falorni de se désister en faveur de l'ex-candidate à la présidentielle, "comme cela s'est fait dans d'autres circonscriptions entre candidats de gauche", le second se retirant en faveur du premier pour éviter qu'un duel gauche-gauche soit arbitré par la droite.

Mme Royal est arrivée en tête au premier tour (32,03%) alors que M. Falorni a obtenu 28,91%.

Alors que l'Elysée est resté muet sur la polémique du tweet, le chef du gouvernement a aussi fermement conseillé à la Première dame de conserver "un rôle discret". "Je veux bien comprendre que les débuts sont toujours un peu compliqués mais chacun doit être à sa place", a-t-il dit lors de l'émission "Questions d'info" LCP/Le Monde/AFP/France Info.

Plusieurs responsables PS ont aussi critiqué la "faute" de Valérie Trierweiler. Claude Bartolone a regretté que cela puisse alimenter l'abstention et donc profiter à l'opposition.

Sur la même longueur d'ondes que Jean-Marc Ayrault, François Rebsamen, chef de file des sénateurs PS, a jugé que la compagne du président devait désormais apprendre "à tenir la place qui est la sienne, c'est-à-dire la réserve".

"J'imagine qu'elle réfléchira à la façon dont elle entend s'exprimer", a pour sa part déclaré la ministre des Affaires sociales Marisol Touraine. "Je ne crois pas qu'elle ait cherché à contredire le président" ni qu'il y ait "un mélange de la vie privée et de la vie publique", a-t-elle voulu relativiser, alors que la droite s'est précisément emparée de l'affaire sous ces deux angles d'attaque brocardant un "vaudeville" au sommet de l'Etat.

Cet événement, hypermédiatisé, n'est pas opportun pour le PS au moment où il veut mettre en garde les électeurs contre des "passerelles" entre l'UMP et le FN.

Au Zénith Mme Aubry et M. Ayrault devraient de nouveau s'en prendre à la stratégie du ni-ni -- ni Front national, ni Front républicain anti-FN -- adoptée par l'UMP et afficher la cohésion de la gauche.

Mardi, à La Rochelle, la première secrétaire du PS venue soutenir son ex-rivale du congrès de Reims avec la dirigeante d'EELV Cécile Duflot, a souligné la bonne entente, selon elle, entre les socialistes et leurs partenaires.

De fait, il reste très peu de cas de dissidences à gauche pour le deuxième tour. Selon Mme Aubry, "sur 46 candidats investis par le PS ou ses partenaires et confrontés à des dissidents au premier tour, 33 se sont qualifiés pour le second tour". Parmi les cas non réglés, la 3e circonscription du Vaucluse, où la socialiste Catherine Arkilovitch a décidé de se maintenir dans une triangulaire face à la candidate FN Marion Maréchal-Le Pen, malgré la consigne de retrait donnée par Solférino.