Grâce à l'évolution de la science qui a permis d'identifier son ADN, un homme de 50 ans a été mis en examen jeudi à Mâcon pour l'enlèvement, la séquestration et l'homicide volontaire d'Anne-Sophie Girollet, une étudiante en médecine de 20 ans retrouvée morte en avril 2005.
Etudiante en troisième année de médecine à Lyon, Anne-Sophie Girollet avait disparu le 19 mars 2005 après un gala de danse, à Mâcon. Elle devait rejoindre son ami, présent au gala, à quelques kilomètres du club. Le jeune homme avait donné l'alerte le soir-même.
Le corps de la jeune fille, morte par suffocation, avait été retrouvé le 2 avril 2005, flottant dans la Saône près d'un pont de Mâcon. La voiture avait également été retrouvée dans la Saône, non loin de là. Après avoir privilégié la piste sentimentale, les enquêteurs avaient travaillé sur celle d'un rôdeur ou d'une rencontre fortuite.
Sept ans après les faits, cet homme, interpellé et placé en garde à vue mardi à Mâcon, en Saône-et-Loire, a pu être identifié grâce à "l'évolution des techniques" dans le domaine de la génétique, selon le procureur de la République à Mâcon, Karine Malara, qui a tenu une conférence de presse.
"Les chefs de mise en examen sont l'enlèvement, la séquestration et l'homicide volontaire", a-t-elle déclaré, tout en soulignant que "l'ADN n'est pas la preuve absolue, mais un élément de l'enquête". L'homme, qui nie les faits, a été placé sous mandat de dépôt.
Selon le parquet, ce sont des traces partielles de l'ADN de cet homme, découvertes dans "plusieurs points" de la voiture de la jeune fille, qui ont conduit les enquêteurs vers ce suspect, identifié grâce au Fichier national automatisé des empreintes génétiques (FNAEG).
profil ADN complet
C'est un laboratoire basé à Bordeaux, qui, à partir de "traces infinitésimales d'ADN", selon une source proche de l'enquête, a réussi à "établir un profil ADN complet" grâce à l'évolution de la science.
Par le passé, un laboratoire suisse était seulement parvenu à extraire "un profil ADN partiel". Les scellés avaient été conservés "dans l'espoir d'aller plus loin", selon Mme Malara.
"Cet ADN, qui est resté partiel pendant un moment, est devenu complet et nous a permis d'identifier un suspect", a expliqué le directeur interrégional de la police judiciaire de Dijon, Paul Montmartin, également présent.
Le suspect, "au passé judiciaire chargé", avait déjà été condamné par le passé pour "des faits de vol et de recel de véhicules", ainsi que pour des "violences physiques", selon le parquet.
"On ne s'est pas contenté de cet ADN et de l'environnement de l'intéressé", a-t-il ajouté, évoquant également une série d'"indices graves et concordants", qu'il n'a pas souhaité détailler.
"Les parents expriment leur satisfaction après 7 ans d'attente", a déclaré à l'AFP l'avocate des époux Girollet, Me Béatrice Saggio.












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