Une information judiciaire pour assassinat a été ouverte à la suite de coups de feu tirés sur une discothèque de Lille, qui ont fait deux morts et six blessés dimanche, alors que le tireur présumé, qui avait été refoulé de l'établissement, et son complice étaient toujours en fuite. Les deux hommes étaient toujours activement recherchés dimanche en fin de journée par une quarantaine d'officiers de la police judiciaire. Selon une source syndicale policière, ils pourraient avoir fui vers la Belgique.
Un habitant de Tourcoing
Identifié par des témoins, le suspect principal est âgé de 32 ans et résidait à Tourcoing (Nord). Il s'est enfui à bord d'un véhicule, conduit par un complice. "Le signalement de l'auteur présumé des coups de feu a déjà été largement diffusé. Il est très défavorablement connu des services de police et a déjà été condamné" à plusieurs reprises, a indiqué le procureur de Lille, Frédéric Fèvre. Une information judiciaire pour "assassinat", "tentative d'assassinat" et "détention d'armes de guerre de première catégorie" a été ouverte. Selon Benoît Lecomte, du syndicat de police Alliance, le suspect "a déjà fait plusieurs séjours en prison pour des vols simples, des trafics de stupéfiants, abus de confiance, violences". Il possèderait également une résidence en Belgique.
Vers 3h du matin, il ouvre le feu avec une arme de guerre
Selon les premiers éléments de l'enquête, le suspect a ouvert le feu vers 03H00 du matin avec une arme de guerre "de type kalachnikov", depuis l'extérieur de la discothèque "Theatro", après en avoir été éconduit une première fois par le videur. Les deux personnes décédées sont une employée de 26 ans qui tenait le vestiaire, situé à l'entrée de la boîte de nuit, et un client de 27 ans, qui s'apprêtait à quitter l'établissement. Six autres personnes, dont le physionomiste de l'établissement et des clients - quatre hommes et une femme d'une vingtaine d'années - ont été blessées par balles au tibia, au pied, au mollet et au dos. Leurs jours ne sont plus en danger, a confirmé le procureur de Lille. Six autres personnes ont également été hospitalisées pour "traumatisme psychologique". Les corps des victimes avaient été retirés aux alentours de 07H30 et placés sous une bâche, a constaté une vidéaste de l'AFP.
Le Theatro: un endroit réputé calme
De nombreuses douilles étaient visibles jusqu'au milieu de la rue, et la façade de l'établissement portait une trentaine d'impacts de balles. Située en plein centre de Lille, cette discothèque, dont l'accès est gratuit, est réputée calme et spécialisée dans le RnB. Son accès avait été barré à l'aube par des cordons de police. Peu après les faits, quelques clients de la boîte de nuit, recouverts pour certains d'une couverture de survie, étaient encore sous le choc.
"J'ai pensé à la tuerie de Colombine"
"On était sur la piste de danse quand on a entendu une détonation. Il y a eu un gros mouvement de foule. Tout le monde s'est précipité vers le côté de la grande salle", avant d'être d'évacués plus tard, a raconté à l'AFP Jérémy, 26 ans, qui faisait la fête avec "environ 200 ou 300" clients de l'établissement. "J'ai d'abord cru que c'était un pétard. Je suis allé à l'entrée voir ce qui se passait et j'ai vu une personne étendue par terre baignant dans une mare de sang", a-t-il poursuivi. "Il a juste tué comme ça, gratuitement. Là, on a imaginé la tuerie de Columbine", aux Etats-Unis, a déclaré Eileen, 28 ans. Au moment des tirs, "on ne réalise pas vraiment. On cherche nos amis, on se demande ce qui s'est passé, on voit les pompiers partout. C'était la panique. Les gens criaient, des filles s'évanouissaient. C'était juste horrible", a témoigné la jeune femme. "On est dégoûtés, c'est pas le Bronx ici", a ajouté Mohamed. Selon lui, le suspect est "un malade, un client qui est revenu avec une arme de guerre" parce qu'il n'a "pas supporté de s'être fait refouler par le videur", avec qui il s'était "embrouillé". La maire de Lille, Martine Aubry, a fait part de son "effroi" quelques heures après la "tuerie", demandant que "tout soit mis en oeuvre pour que le tireur soit interpellé au plus vite". Le ministre de l'Intérieur Manuel Valls a "condamné fermement ces faits graves, qui mettent en jeu la circulation et l'usage d'armes de guerre sur le territoire national".












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