Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault a lancé mardi, au terme d'une grande conférence sociale - innovation destinée à réformer dans la concertation - une multitude de négociations avec le patronat et les syndicats pour redresser la compétitivité et sauver l'emploi.
"Nous venons de vivre un authentique moment de démocratie sociale", a affirmé le Premier ministre. "Le dialogue social sera la marque de fabrique de mon gouvernement".
"Les réformes structurelles ne peuvent être menées à la hussarde", a affirmé M. Ayrault qui veut prendre le temps du dialogue pour "rechercher le compromis". Il a rejeté la critique de ceux à droite qui voient dans le dialogue "un frein à l'action". "Le gouvernement fait face aux urgences", a-t-il assuré.
La grand-messe au Palais d'Iéna avait été ouverte lundi par le président François Hollande qui en avait défini la méthode : "introduire la culture de négociation" en France en l'inscrivant dans le marbre de la Constitution.
A l'issue de deux jours de travaux intenses - sept tables rondes, 300 participants - le Premier ministre a annoncé la feuille de route.
Certaines réformes étaient attendues: une "négociation" sera lancée en septembre entre patronat et syndicats pour fixer les modalités du contrat de génération - idée phare du candidat François Hollande pour créer un tutorat junior/senior - avec l'objectif d'une mise en place en 2013.
L'encadrement des licenciements économiques abusifs dits "boursiers", sujet épineux s'il en est - la CGT demande leur redéfinition par une loi tandis que le Medef espère éviter toute législation - sera aussi à l'ordre du jour dans le cadre d'une négociation plus large sur "la sécurisisation de l'emploi".
Il s'agit "en cas de projet de fermeture de site rentable, de créer une obligation de recherche de repreneur", a souligné M. Ayrault.
Face à la dégradation de la compétitivité des entreprises, que rappelle inlassablement le Medef, le gouvernement souhaite alléger leurs charges. Une loi en 2013 modifiera le financement de la protection sociale après "une concertation" avec les partenaires sociaux.
Une des pistes pourrait être un relèvement de la CSG sur laquelle serait transférée une partie des charges mais le sujet divise: la CGT e FO y sont opposées.
"Une mission sur la compétitivité" des entreprises est confiée à Louis Gallois (ex-EADS, ex-SNCF) afin de "préparer la mise en oeuvre d'actions concrètes, d'ici la fin de l'année".
Le chantier sensible de retraites sera rouvert, mais sans hâte: une "concertation" sera menée sur le sujet à partir du "printemps 2013".
Le gouvernement mènera aussi une réforme du Smic "avant la fin de l'année".
Les leaders syndicats sortent globalement satisfaits: "Le résultat n'est pas obligatoirement satisfaisant sur tous les sujets. Cependant l'essentiel y est", a affirmé François Chérèque (CFDT).
Son homologue de FO, Jean-Claude Mailly, est "satisfait du dialogue social apaisé" et de "la création d'un commissariat au dialogue social et à la prospective".
"On est sur un cap nouveau", un "volontarisme politique à l'égard des organisations de salariés sans comparaison avec ce que nous avons vécu ces cinq dernières années ", se targue de Bernard Thibault (CGT).
Mais selon lui, il y a un "loupé". Il regrette qu'il n'y ait pas de mesures rapides" face aux fermetures de sites.
La présidente du Medef Laurence Parisot est satisfaite de la méthode et du projet de réforme du financement de la protection sociale mais reste critique. Pour elle, la feuille de route du Premier ministre "ne tient pas compte" des réalités que vivent les entreprises" et les réformes de l'emploi risquent d'aller vers " des rigidités nouvelles".
D'autres partent déçus: les syndicats de fonctionnaires ont regretté l'absence d'engagement sur l'emploi et les salaires.
Le président François Hollande a donné rendez-vous aux partenaires sociaux dans un an pour tirer le bilan de cette nouvelle méthode de gouvernance.











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