Le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, est arrivé lundi en Ouzbékistan, deuxième étape d'une visite dans les républiques d'Asie centrale pour préparer le retrait des forces françaises d'Afghanistan et la présence future de la France dans la région.
Dimanche au Kazakhstan, M. Le Drian s'est entretenu avec le Premier ministre, Karim Massimov, et son homologue kazakh, Adilbek Djaksibekov.
Les discussions ont notamment porté sur l'évacuation du matériel des forces françaises en Afghanistan par le nord, à travers le Kazakhstan, puis la Russie.
"Le dialogue est très avancé sur le transit aérien et ferroviaire des convois de matériels français repartant d'Afghanistan cette année", a assuré un proche du ministre par téléphone à l'AFP. Les discussions ne devraient "poser aucun problème", a-t-il souligné, évoquant "un accord clair du gouvernement" kazakh.
A Tachkent (Ouzbékistan), deuxième étape de sa tournée, M. Le Drian devait s'entretenir avec le président Islam Karimov et le ministre ouzbek de la Défense.
Dès son arrivée à l'Elysée, le président François Hollande a accéléré le retrait français d'Afghanistan. Deux mille militaires français, sur environ 3.500, doivent être désengagés d'ici fin 2012, soit un an avant le retrait prévu du reste de la force de l'Otan déployée depuis 2001 dans le pays.
Le retrait des troupes - 650 soldats auront été retirés de janvier à fin août 2012 - se fait essentiellement par voie aérienne.
Le désengagement du matériel emprunte parallèlement une voie mixte, aérienne jusqu'à Abou Dhabi (Emirats arabes unis), puis maritime jusqu'en France. Mais le passage par le nord réduirait notamment les coûts.
Un accord de transit avec le Kazakhstan permettrait ainsi d'ouvrir l'une des deux voies nord possibles, aérienne depuis Kaboul jusqu'au Kazakhstan, puis ferroviaire jusqu'aux Etats baltes.
Autre itinéraire possible, le passage par l'Ouzbékistan devrait être au centre des discussions de M. Le Drian avec les autorités de ce pays.
Au total, environ 800 véhicules - blindés lourds, VAB... -, et plus de 1.000 conteneurs, doivent encore être rapatriés, les troupes françaises déployées en Afghanistan étant dotées du matériel souvent le plus perfectionné des armées.
D'autres pays de la force multinationale (Isaf), notamment les Etats-Unis, ayant entrepris de retirer leurs troupes, les voies de sortie d'Afghanistan risquent d'être particulièrement encombrées. Des discussions, souvent financières, sont donc également en cours au niveau de l'Otan avec les pays limitrophes.
Début juin, l'Otan a d'ailleurs annoncé un accord avec le Kazakhstan, le Kirghizstan et l'Ouzbékistan, pour rapatrier le matériel.
Au Kazakhstan, Jean-Yves Le Drian s'est également entretenu avec les dirigeants kazakhs de "la volonté d'établir un partenariat stratégique entre les deux pays".
Il a affirmé, selon son entourage, la volonté de la France "que le retrait d'Afghanistan ne soit qu'une étape pour voir beaucoup plus loin, sur le partenariat stratégique et la coopération bilatérale, notamment industrielle".
Lundi matin à Astana, le ministre a visité une usine Eurocopter d'assemblage d'hélicoptères et s'est entretenu avec des industriels français présents au Kazakhstan, notamment des représentants de Total et EADS, a-t-on précisé.
Il devait poursuivre mardi sa tournée dans la région.










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