"Les fillettes et l'épouse portent des traces de coups de couteau dans les parties vitales du corps et la belle-mère aurait, elle, été étouffée", a annoncé lors d'une conférence de presse Marie-Eugénie Avazeri, vice-procureure de la République d'Auxerre. Elle a précisé que les deux enfants avaient six et onze ans, et non sept et dix ans comme annoncé précédemment par une source proche de l'enquête. Les autopsies des corps, prévues mercredi et jeudi, doivent venir confirmer les causes des décès qui "remontent à ce week-end", selon les premiers éléments de l'enquête.
 

Aucun mot 

Le père, retrouvé pendu dans son garage, n'a laissé aucun mot pour expliquer son geste. Ce technicien de maintenance d'une société de distributeurs de billets de banque, présenté comme un informaticien par ses voisins, n'était pas au chômage, a précisé le parquet, alors que l'hypothèse d'un geste lié à des difficultés professionnelles était étudiée, entre autres pistes. Une source proche du dossier a évoqué "des difficultés d'ordre professionnel" traversées par le père, piste creusée par les enquêteurs de la police judiciaire. "L'enquête va se concentrer sur l'entourage amical, familial et professionnel de la famille pour comprendre ce qui s'est passé dans le pavillon", a précisé la vice-procureure, évoquant "une famille sans histoires", avec une mère de famille "fonctionnaire".

 

L'émotion vive dans le quartier 

Dans ce quartier résidentiel de Piedalloues, tout proche du stade de l'Abbé Deschamps du club de foot de l'AJ Auxerre, l'émotion était vive mercredi. "Je suis bouleversée, c'était visiblement une famille très unie", a glissé une voisine à l'AFP.
 
Dans le jardin de cette maison individuelle, on apercevait une petite cabane en plastique jaune et rouge et un trampoline au milieu d'autres jeux des deux fillettes. Le couple de jeunes quadragénaires habitait le quartier depuis plusieurs années, selon le voisinage. "Je les croisais de temps en temps quand je promenais mon chien. C'étaient des gens assez discrets", a décrit un autre voisin, au moment de rejoindre sa camionnette de plombier. Selon plusieurs témoignages, le père était très sportif et avait l'habitude de faire son jogging suivi par les deux fillettes à vélo.

 

Un mécanisme de pendaison mis au point 

Les quatre victimes ont été retrouvées mortes mardi soir par les pompiers dans différentes chambres de la maison. Auparavant, vers 20H00, le père avait été découvert pendu dans son garage, par un proche, qui avait donné l'alerte. Le père de famille avait mis en place un mécanisme de pendaison, allant jusqu'à s'attacher les mains devant le corps pour être sûr que son suicide réussisse, confortant la thèse d'un drame familial planifié.
 
Le dernier cas marquant d'un drame familial sanglant remonte à 2011 avec l'affaire Dupont de Ligonnès: les corps d'Agnès Dupont de Ligonnès et de ses quatre enfants de 13 à 20 ans, dissimulés dans la terre sous la terrasse de leur maison, avaient été découverts en avril 2011 à Nantes. Le père, Xavier Dupont de Ligonnès, principal suspect, avait été vu ensuite dans le Var mais n'a jamais redonné signe de vie.