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Un policier tué dans un attentat sur les Champs-Elysées: ce que l'on sait de l'attaque

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Attentat sur les Champs-Elysées

Un policier a été tué, deux autres blessés, et une passante touchée jeudi soir dans un attentat sur l'avenue des Champs-Elysées à Paris. L'auteur, qui a surgi d'une voiture et tiré à l'arme de guerre, a été abattu. L'EI a revendiqué l'attaque. Le procureur de la République a indiqué que les autorités connaissaient l'identité de l'assaillant, présenté par les médias français comme Karim Cheurfi, et qu'elles cherchaient d'éventuels complices. Trois de ses proches ont été interrogés en garde à vue.

L'enquête sur l'attentat des Champs-Elysées se concentrait vendredi, à l'avant-veille du premier tour de l'élection présidentielle, sur le parcours de l'assaillant dont trois proches étaient entendus en garde à vue. Un assaillant connu pour son intention de tuer des représentants des forces de l'ordre, une revendication du groupe jihadiste Etat islamique (EI) qui pose question. Un proche de l'enquête a indiqué qu'un mot manuscrit où il défend Daech a été rétrouvé près de l'assaillant.


Des armes, un papier avec des adresses et un message manuscrit découverts


Dans la voiture, les enquêteurs ont retrouvé un fusil à pompe, deux gros couteaux et un sécateur. Un Coran a également été retrouvé. Comme l'a révélé BFMTV, un papier avec les adresses du commissariat de Lagny (Seine-et-Marne), de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) et des adresses d'armureries a aussi été découvert dans la voiture, a indiqué l'une des sources.

Près du corps de l'assaillant, un papier portant un message manuscrit prenant la défense de "Daech", l'organisation jihadiste Etat islamique (EI), a été retrouvé, a appris l'AFP vendredi de source proche de l'enquête.


L'attaque


Vers 21H00 jeudi, une voiture s'arrête à la hauteur d'un car de police garé dans le haut de l'avenue des Champs-Elysées à Paris. Le conducteur sort et tire à l'arme automatique contre le véhicule des forces de l'ordre, tuant l'un des policiers et essayant de s'en prendre aux autres en courant.
 
L'assaillant est tué après avoir blessé deux autres policiers, dont l'un grièvement d'une balle au bassin, ainsi qu'une touriste allemande touchée au talon, a précisé une source policière.


"On a dû cacher nos clients dans nos sous-sols"

Choukri Chouanine, gérant d'un restaurant situé rue de Ponthieu, dans une rue adjacente, a raconté à l'AFP avoir entendu une "fusillade brève" mais avec "beaucoup de tirs". "On a dû cacher nos clients dans nos sous-sols", a-t-il ajouté. "Je n'ai jamais vécu une telle scène de panique, on s'est réfugiés dans des bureaux, toutes les tables renversées par des gens pris de panique", témoigne l'animateur Julien Courbet sur Twitter.
 

L'assaillant identifié


L'agresseur est un Français de 39 ans, Karim Cheurfi, résidant à Chelles (Seine-et-Marne) et connu de la police et de la justice. Il avait été arrêté le 23 février, parce qu'il était soupçonné de vouloir s'en prendre à des policiers, selon des sources proches de l'enquête.
 
Une intention qu'il aurait confié à des proches, précise l'une des sources. Il avait été remis en liberté faute de preuves suffisantes. D'après cette source, cette procédure était ouverte au parquet de Meaux. Mais par la suite, la section antiterroriste du parquet de Paris avait aussi ouvert une enquête préliminaire.
 
Karim Cheurfi avait déjà été condamné en 2005 par la cour d'assises d'appel du Val-de-Marne à 15 ans de réclusion pour tentatives d'homicide volontaire : en 2001, il avait blessé grièvement par balles un élève gardien de la paix et son frère, après une course-poursuite en Seine-et-Marne. Pendant sa garde à vue, il avait de nouveau blessé un policier après lui avoir volé son arme. En liberté conditionnelle, il était retourné en prison, après une nouvelle condamnation pour vol aggravé par le tribunal de Meaux en 2014 à quatre ans de prison, dont deux ans de sursis avec mise à l'épreuve.
 
L'homme a semblé avoir agi seul et des investigations sont en cours pour établir "s'il a bénéficié ou pas de complicités", a indiqué le procureur de la République à Paris, François Molins. Trois membres de son entourage étaient interrogés en garde à vue vendredi matin.

"Un type qui a un grain"

"Ici, tout le monde le connaît, c'est quelqu'un qui a perdu la raison, de psychologiquement vraiment atteint", confie à l'AFP sous couvert d'anonymat un habitant de son quartier calme et pavillonnaire de Chelles (Seine-et-Marne). "Ses actes, ses réactions, sa façon de marcher, son attitude étaient en décalage, comme s'il venait de Mars", poursuit-il. "Il a un grain", confirme Salim, qui se présente comme un ami d'un de ses cousins.

Selon une source proche de l'enquête, il ne présentait pas de signes de radicalisation en détention. "Il n'y avait à l'époque aucun signe de radicalisation, on avait plutôt à faire à quelqu'un de très solitaire et d'introverti, avec de gros problèmes de communication. Il s'exprimait très peu, ne se défendait pas", se souvient son avocat à l'époque, Jean-Laurent Panier. "C'était quelqu'un de renfermé sur lui-même", abonde une source pénitentiaire.

"Il était marqué par la prison mais pas marqué par la religion ou autre", estime Mohammed, 21 ans, qui habite dans la petite cité HLM proche du pavillon où Karim Cheurfi vivait avec sa mère. "Il avait une haine de la justice et de la police (...), il a peut-être pété un plomb en sortant de prison". Après sa nouvelle sortie de détention en 2015, il n'avait pas particulièrement fait parler de lui. "On avait des petits dossiers sur lui mais rien de transcendant. (...) Il avait réussi à se faire un peu oublier", rapporte une source policière.


La revendication jihadiste
 
L'attaque a été presque aussitôt revendiquée par le groupe jihadiste Etat islamique (EI), à l'origine de la plupart des attentats, parfois de masse, qui ont fait 238 autres morts depuis 2015 en France. "L'auteur de l'attaque des Champs-Elysées dans le centre de Paris est Abu Yussef le Belge, et c'est un des combattants de l'Etat islamique", précise un communiqué publié par son organe de propagande Amaq.
 
Mais cette revendication pose question puisque l'identité semble différer de celle du Français abattu sur les Champs-Elysées.
 
Correspond-elle à celle d'un homme signalé jeudi à la France par les services belges ? "L'homme faisant l'objet d'un avis de recherche diffusé par les autorités belges s'est présenté dans un commissariat d'Anvers", dans le nord de la Belgique, a annoncé le porte-parole du ministère de l'Intérieur, Pierre-Henry Brandet.
 
Selon le parquet fédéral belge, "il n'y a pas de lien entre cet événement (la fusillade à Paris, ndlr) et la Belgique", mais "l'enquête se poursuit".

> JAN JAMBON: "LE CRIMINEL N'EST PAS UN BELGE"

 
Un policier tué
 
Le policier tué dans l'attaque, Xavier Jugele, 37 ans, était membre de la 32e compagnie de la direction de l'ordre public et de la circulation (DOPC) de la préfecture de police de Paris.
 
Les policiers et les militaires sont des cibles privilégiées pour les radicalisés agissant au nom du jihad qui ont multiplié les actions violentes à leur encontre en France ces dernières années, conformément aux consignes explicites du groupe EI.
 
Le 13 juin 2016, un policier et sa compagne ont ainsi été tués à leur domicile, à Magnanville, à l'ouest de Paris, par un homme qui s'était réclamé du groupe EI.
 
Des militaires ont aussi été blessés dans des attaques récentes, le 18 mars à l'aéroport parisien d'Orly et le 3 février au Carrousel de Louvre. Trois militaires figurent parmi les sept victimes tuées en mars 2012 par le jihadiste Mohamed Merah, 23 ans, à Toulouse et Montauban.


François Hollande convoque un conseil de défense

Après l'attentat, les enquêteurs poursuivent ce vendredi leurs investigations, à deux jours du premier tour d'une présidentielle placée sous haute surveillance en raison de la menace jihadiste. François Hollande a "convoqué" un conseil de défense, qui a débuté ce vendredi à 8h. Outre le chef de l'Etat, y participent le Premier ministre Bernard Cazeneuve, les quatre ministres régaliens (Intérieur, Justice, Défense et Affaires étrangères), ainsi que les patrons des services de sécurité, de renseignement et de l'armée, soit une quinzaine de personnes, a-t-on précisé de même source.


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