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Doté d'une majorité nette, Macron a les mains libres mais les Français ont refusé de lui laisser "carte blanche"

Doté d'une majorité nette, Macron a les mains libres mais les Français ont refusé de lui laisser
 

Au lendemain d'un second tour des législatives qui lui a donné une des plus larges majorités parlementaires de la Ve République, Emmanuel Macron a les coudées franches pour mettre en oeuvre son programme présidentiel et devrait dans l'immédiat procéder à un remaniement "technique".

Selon les résultats définitifs, la République en marche (REM) et son allié du MoDem s'adjugent 350 sièges, très largement au-delà de la majorité absolue de 289 sièges.

Mais en battant une nouvelle fois un record d'abstention (57% contre 51,3% au premier tour), les électeurs ont refusé de laisser "carte blanche" au nouveau président, relève la presse de lundi.

"Seule l'abstention record vient ternir une victoire qu'aucun commentateur n'a anticipée en début de campagne", analyse Libération. "En deux élections et quatre tours de scrutin, la révolution En marche!, à laquelle personne ne voulait croire, a déferlé sur la France comme un tsunami", commente Le Figaro. Mais il s'agit pour La Croix d'un "succès terni par l'abstention". "Carton plein et urnes vides pour Macron", titre L'Humanité.

Le Premier ministre Edouard Philippe devrait "dans la journée" présenter sa démission, avant un remaniement plutôt "technique" "dans les jours qui viennent", a indiqué lundi le porte-parole du gouvernement Christophe Castaner.

Outre M. Castaner, les cinq autres ministres candidats ont été élus (Richard Ferrand malgré les affaires judiciaires, Bruno Le Maire, Annick Girardin, Mounir Mahjoubi et Marielle de Sarnez).

Sur les 350 sièges de la majorité présidentielle, le MoDem de François Bayrou en obtient 42 et devrait donc former un groupe indépendant. Mais la présidence de l'Assemblée devrait échoir à un membre de la REM, selon M. Castaner.


"Une inexpérience fatale"

Les responsables d'En Marche écartent le risque d'une Assemblée aux ordres de l'exécutif, malgré l'inexpérience parlementaire de nombreux élus.

"Nous ne sommes plus dans une société d'obéissance où on demande aux parlementaires d'obéir au gouvernement. Nous sommes dans une société d'adhésion. Il va falloir que les ministres convainquent", a déclaré le président de la commission d'investiture Jean-Paul Delevoye.

"Nous avons été élus, nous avons pu exister grâce à l'impuissance de ceux qui aujourd'hui nous prêtent une inexpérience fatale", a renchéri la présidente du mouvement Catherine Barbaroux.

L'alliance entre Les Républicains (LR) et l'UDI décroche 131 sièges, dont 113 LR. "Il n'y aura pas d'explosion", assure l'ancien député Bernard Accoyer, sans toutefois exclure un "débat" sur la position à adopter lors du vote de confiance au gouvernement, que plusieurs députés "constructifs" tel Thierry Solère, réélu dans les Hauts-de-Seine, souhaitent approuver.

Le Parti socialiste n'obtient que 29 sièges. Très loin des 284 sièges de l'Assemblée sortante, deux fois moins que lors du désastre de 1993. Une "déroute incontestable", a admis son Premier secrétaire Jean-Christophe Cambadélis qui va quitter la direction du parti.


Profond renouvellement 

Non investi par le PS, mais sans concurrent REM, Manuel Valls est l'un des rares anciens ministres à survivre au naufrage. Il a annoncé dans une ambiance houleuse sa réélection dans l'Essonne avec 139 voix d'avance sur Farida Amrani (La France insoumise). Cette dernière s'est rendue en préfecture lundi pour "faire recompter les bulletins", soupçonnant des "irrégularités".

LFI obtient 17 élus et le Parti communiste, dix. Jean-Luc Mélenchon, élu à Marseille, a annoncé dimanche un "groupe parlementaire" LFI, sans évoquer les communistes.

Le Front national obtient huit sièges et sa présidente Marine Le Pen découvrira le Palais Bourbon, de même que son compagnon Louis Aliot. Ils y rejoignent Gilbert Collard, réélu dans le Gard.

S'il quadruple le nombre de ses députés, le FN échoue cependant à constituer un groupe parlementaire de 15 députés. Mais Marine Le Pen espère y parvenir "dans les prochains mois".

Ce scrutin est également marqué par une première en Corse: l'élection de trois députés nationalistes.

Europe Ecologie Les Verts disparaît pratiquement de l'Assemblée, avec un seul élu.

Les grandes manoeuvres se poursuivront cette semaine au PS (bureau national mardi et conseil national samedi), chez Les Républicains (bureau national mercredi) et au FN (bureau politique mardi).

Le prochain rendez-vous électoral aura lieu le 24 septembre, avec le renouvellement de la moitié du Sénat, actuellement à droite.

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