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Retraites: des mois de débat pour ne pas réformer "par le bas"

Le gouvernement a promis jeudi que la future réforme des retraites qui sera discutée jusqu'à la fin de l'année avec les partenaires sociaux n'aboutirait pas à un nivellement des droits "par le bas".

Huit mois de concertation: le gouvernement a dévoilé jeudi le programme des discussions avec syndicats et patronat sur la réforme des retraites promise par Emmanuel Macron, qui veut qu'elle soit "votée en 2019".

"Ce chantier considérable ne doit pas être et ne sera pas une énième réforme des retraites", a affirmé la ministre des Solidarités et de la Santé, Agnès Buzyn.

Les travaux pratiques ont débuté lundi, sous la conduite du Haut commissaire à la réforme des retraites, Jean-Paul Delevoye, qui reçu successivement cette semaine la CFDT, l'Unsa, la FNSEA et FO, avant la CFE-CGC, l'U2P, le Medef, la CGT, la CPME et la CFTC la semaine prochaine.

Ces dix organisations seront consultées sur "six grands blocs thématiques", a précisé l'exécutif. Trois seront abordés d'ici juillet: d'abord "le périmètre, le niveau de couverture" et les cotisations du futur système, puis les "droits non contributifs" (maladie, maternité, chômage) et "les minima de pension", et enfin "les droits familiaux" et l'égalité femmes-hommes.

Trois autres sujets seront débattus à l'automne, à commencer par "les conditions d'ouverture des droits", suivies des "spécificités de certains parcours professionnels" et des "conditions des départs anticipés", pour terminer par "les questions de gouvernance, de pilotage et d'organisation" et "les modalités de transition" vers le futur système.

Chaque organisation sera reçue douze fois, avec à chaque étape un premier "échange autour d'un diagnostic", puis une deuxième rencontre pour "aborder des questions ouvertes".

En parallèle, "un dispositif de consultation et de participation citoyenne sera lancé mi-mai" sur internet, via le site participez.reforme-retraite.gouv.fr.

"Nous avons besoin de l'intelligence de tous", a expliqué M. Delevoye, annonçant qu'"un avis citoyen sera remis aux parlementaires en septembre" et promettant "une consultation permanente avec l'ensemble des partis politiques".

- "bla-bla" et "télescopage" -

"Il ne s'agit pas de réformer pour réformer, ou de réformer pour réduire des droits ou pour les niveler par le bas", a assuré Mme Buzyn, souhaitant au contraire "rendre notre système capable de générer des droits nouveaux".

"Cette réforme doit être positive", a ajouté M. Delevoye, soulignant que "nous avons la chance de ne pas avoir de contrainte budgétaire", l'équilibre financier du système de retraites n'étant pas menacé à court terme.

"C'est une bonne démarche, un bon objectif, il faudra aller au bout et voir ce que ça donne à la fin", a estimé le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger.

"C'est à peu près 13,8 points de PIB consacré aux retraites aujourd'hui. Nous, on dit: +faut pas que ça descende+", a prévenu le numéro un de FO, Jean-Claude Mailly. Son successeur désigné, Pascal Pavageau, a pour sa part qualifié les discussions en cours de "bla-bla".

"C'est très sympathique mais franchement pour le reste je ne sais pas ce que le gouvernement veut faire, ni le timing ni le contenu", a-t-il ajouté.

Pour l'heure, Emmanuel Macron a seulement promis de "consolider" le système par répartition, qui "crée une solidarité intergénérationnelle et est au coeur de la cohésion du pays".

Mais en pleine réforme de la SNCF et de la fonction publique, le leader de l'Unsa, Luc Bérille, pointe un risque de "télescopage" et redoute que les négociations sur les statuts de cheminots et de fonctionnaires - qui comprennent un régime spécial de retraite - soient "réglées de façon détournée".

De son côté, le Medef veut "inciter les assurés à partir plus tard que l'âge légal" et pour cela "mettre en place une nouvelle décote suffisamment forte" sur les pensions, a expliqué Claude Tendil, vice-président de l'organisation patronale.

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