Mohamed Ibrahim Waiss, un journaliste de la Voix du Djibouti, a été arrêté par les autorités vendredi alors qu'il couvrait une manifestation de militants de l'Union pour le Salut National (USN), principale plate-forme de l'opposition. Cette arrestation pourrait être de nature à remettre en question le fragile dialogue en cours entre le régime du président Guelleh et l'opposition.
La situation politique est bloquée à Djibouti depuis les élections législatives de février 2013 qui ont vu la victoire contestée du Rassemblement populaire pour le Progrès (RPP), le parti du président Guelleh, en poste depuis mai 1999. A l'approche du sommet USA-Afrique qui s'est tenu cette semaine à Washington, le chef de l'Etat avait promis l'ouverture d'un véritable dialogue avec l'opposition. Or, le sommet américano-africain à peine terminé, la répression envers les voix discordantes semble reprendre de plus belle. Ali Deberkale, le représentant de l'USN auprès de l'Union européenne, dénonce les mensonges du président Guelleh. "Il est difficile de croire en la sincérité du chef de l'Etat", déplore-t-il. Selon lui, Ismaïl Omar Guelleh use du même stratagème chaque fois qu'un sommet international se présente. Le président fait miroiter des promesses de négociations pour polir son image avant de reprendre une féroce répression aussitôt les réunions terminées. Il a ainsi procédé de la même manière avant le sommet Europe-Afrique à Bruxelles et le sommet de l'Elysée à Paris. Mohamed Ibrahim Waiss a été arrêté vendredi pour la troisième fois depuis 2011 alors qu'il exerçait son métier de journaliste. L'opposition et Reporters sans frontières dénoncent cette arrestation et demandent sa libération immédiate et sans condition. (Belga)