"Certains assurent que nos efforts en vue d'une réforme (du système de santé) permettront d'assurer des immigrés illégaux. Ceci aussi est faux", a dit le président américain dans son discours solennel devant les deux chambres du Congrès. "Vous mentez !", a alors lancé le représentant Joe Wilson, un républicain de Caroline du Sud.

"Les réformes que je propose ne s'appliqueront pas à ceux qui sont ici en situation illégale", a insisté le président Obama, en dirigeant son regard vers le côté droit de son auditoire où se trouvaient les républicains.

M. Wilson s'est excusé par la suite dans un communiqué. "Ce soir, j'ai laissé mes émotions l'emporter alors que j'écoutais le discours du président", écrit le parlementaire en qualifiant son commentaire d'"inapproprié et de regrettable". "Je présente mes excuses au président pour mon manque de civilité", a-t-il ajouté.

Quelque 12 millions de sans-papiers vivent et travaillent aux Etats-Unis. La majorité d'entre-eux sont des Hispaniques. Les immigrés qui résident légalement depuis moins de cinq ans aux Etats-Unis n'ont pas accès aux deux systèmes d'assurance santé publics que sont Medicaid (pour les pauvres) et Medicare (pour les personnes âgées). Parmi les quelque 46 millions de personnes sans couverture médicale aux Etats-Unis, un tiers sont des immigrés.


Obama presse le Congrès d'agir sans attendre

 
Le président américain a pressé le Congrès d'agir immédiatement pour réformer le système de santé et a refusé de "perdre (son) temps" avec ceux qui s'opposent systématiquement au projet, dans le discours crucial qu'il a prononcé.

"Le temps des chamailleries est révolu. Le temps des petits jeux est terminé. Le moment est venu d'agir", a dit M. Obama. Il a aussi observé au cours des derniers mois "le même spectacle partisan qui ne fait que renforcer le mépris que de nombreux Américains ont envers leur propre gouvernement".  Il a dit qu'il continuera à rechercher le compromis dans les semaines à venir. "Mais sachez ceci: je ne perdrai pas mon temps avec les calculateurs pour lesquels il est de meilleure politique de tuer ce plan que de l'améliorer", a-t-il dit, sans désigner explicitement ses adversaires républicains.