Les félicitations ont afflué après l'attribution inattendue du prix Nobel de la Paix au président américain Barack Obama mais les encouragements à redoubler d'efforts pour la paix dans le monde ont été tout aussi nombreux, prenant parfois des allures de mises en demeure.

Ce prix est un "encouragement" pour tous ceux qui souhaitent un monde plus sûr, a dit le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso.

M. Obama "personnifie un nouvel esprit de dialogue", a déclaré le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, tandis que la chancelière allemande Angela Merkel et le chef du gouvernement espagnol, José Luis Zapatero, voyaient dans la récompense au président américain une "incitation" à oeuvrer pour la paix.

L'un des premiers pays à réagir, l'Iran, à couteaux tirés avec les Etats-Unis, a espéré que la récompense inciterait M. Obama "à emprunter la voie qui apportera la justice dans le monde".

"Il (Obama) doit faire quelque chose" de son prix, a dit la dissidente ouïghour Rebiya Kadeer soulignant que les attentes de le voir "défendre les nations opprimées" avaient augmenté. Egalement exigeante, la Fédération internationale des ligues des droits de l'Homme (FIDH) l'a mis en demeure de "passer à l'acte".

Le Comité Nobel a récompensé Barack Obama pour avoir "créé un nouveau climat dans la politique internationale", une décision qui est intervenue alors que le président américain reste confronté à deux guerres : l'une en Irak, l'autre en Afghanistan.

Au moment où M. Obama envisage une nouvelle stratégie en Afghanistan, son homologue afghan, Hamid Karzaï, a estimé qu'il était la "bonne personne" pour recevoir le prix. Mais les talibans ont condamné cette attribution, affirmant n'avoir "perçu aucun changement de stratégie pour la paix".

Ce Nobel est un encouragement pour "le désarmement nucléaire" et "la paix dans le monde", a estimé en revanche le Vatican.

M. Obama doit renforcer "son engagement (...) pour continuer de promouvoir la paix et la fin de la pauvreté", a souhaité la Fondation Nelson Mandela tandis que l'ancien militant anti-apartheid Desmond Tutu l'a comparé à un "jeune Mandela" qui "porte les espoirs du monde".

Le président américain apporte "l'espoir d'un monde en paix avec lui-même", a renchéri le directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), Mohamed ElBaradei.

Depuis qu'Obama est au pouvoir "je vois le monde changer", a dit le Premier ministre japonais Yukio Hatoyama. Il a apporté "un nouvel espoir à l'humanité", a déclaré le président israélien Shimon Peres.

Tandis que le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas espérait la paix en Palestine et dans la région "sous la présidence de M. Obama", le chef de la Ligue arabe, Amr Moussa, souhaitait voir le président américain intensifier "les efforts pour aboutir à une paix au Proche-Orient".

Dans ce concert de louanges, la réaction de l'ex-président polonais Lech Walesa a retenti comme une fausse note. "Qui, Obama ? Si vite ? Trop vite ! Il n'a pas eu le temps de faire quoi que ce soit. Pour le moment il ne fait que proposer", a dit le lauréat du Nobel de la Paix 1983.

Le Conseil des ministres italiens "a applaudi à l'annonce que Barack Obama avait obtenu le prix Nobel de la paix", a déclaré Silvio Berlusconi.

En France, le président Nicolas Sarkozy a salué ses "efforts extraordinaires (..) en faveur du renforcement de la diplomatie et de la coopération internationale".

Le Premier ministre britannique Gordon Brown est en revanche resté discret. Ses services ont simplement indiqué que des félicitations avaient été envoyées.