C'était l'une des grandes craintes des associations de protection des enfants : que certains profitent du drame et du chaos à Haïti pour mettre la main sur des enfants ou sur des orphelins, pour des adoptions illégales. Et c'est justement ce qui est reproché à neuf Américains. Ceux-ci ont été appréhendés par un commissaire haïtien en compagnie de 33 enfants, âgés de 2 mois à 14 ans. Ils se trouvaient  à proximité de la frontière dominicaine.

 

Un vol, pas une adoption

"C'est un vol, ce n'est pas une adoption", a affirmé le ministre français des Affaires sociales et du Travail, précisant que "pour quitter Haïti un enfant a besoin d'une autorisation de l'Institut du bien-être social qui s'occupe des cas d'adoption". Les ressortissants américains ont été remis à la justice et étaient détenus samedi soir dans un commissariat de police à Port-au-Prince, avec deux présumés complices haïtiens. De nombreux enfants ont été adoptés depuis le tremblement de terre qui a dévasté Haïti le 12 janvier.

 

La plupart des enfants "volés" ont une famille

La plupart des 33 enfants que l'on a tenté d'emmener en dehors d'Haïti "ont encore de la famille", a indiqué à l'AFP dimanche l'organisation caritative qui les accueille près de Port-au-Prince. Patricia Vargas, directrice régionale du centre d'accueil de l'association SOS Children's village, qui héberge les enfants depuis l'arrestation samedi du groupe d'Américains près de la frontière dominicaine, a dit tenir cette information de l'Institut du bien-être social haïtien qui s'occupe des adoptions et qui a confié temporairement ces enfants à SOS Childrens Village. "En parlant avec des enfants plus grands, âgés de plus de sept ans, nous avons appris que leurs parents sont en vie. Certains nous ont donné des adresses et des numéros de téléphone", a encore précisé Mme Vargas.