Vendredi à 14h, quelques heures seulement avant la tragédie en Norvège, Tanguy Veys, député d’extrême droite flamand, a reçu dans sa boîte mail le manifeste d’Anders Behring Breivik, l’homme qui a reconnu être l'auteur de cette double attaque. Le député Vlaams Belang se dit surpris, car il ne sait pas comment le tueur s’est procuré son adresse électronique. Dans le texte, les citations des membres du Vlaams Belang sont correctes, mais le député précise : "Je suis en contact avec des personnes qui publient sur l’islam, mais ces gens n’appellent pas à la violence".

 

Des minorités extrêmement dangereuses avec peu d'adhérents

Se pose alors la question de savoir si l’auteur présumé de l’explosion et de la fusillade de vendredi en Norvège, qui a revendiqué des liens avec l'extrême droite et affiché sur internet son islamophobie et son antimarxisme, était en contact avec des réseaux extrémistes en Belgique. "Ils sont actifs, le problème, c’est toujours la quantification, combien sont-ils, que représentent-ils ? Ça c’est compliqué à dire. Les minorités actives sont extrêmement dangereuses et il ne faut pas être 10.000, 100.000, pour faire imploser un pays ou faire sauter une place publique, on l’a bien vu avec l’affaire norvégienne," a expliqué Joël Kotek, professeur en sciences politiques à l’ULB, au micro de Frédéric Delfosse pour RTL-TVI.



L'extrême droite bien présente en Belgique

En tous cas, l’extrême droite en Belgique est une réalité dans nos parlements. Sur les 150 représentants du peuple à la Chambre, 12 sont élus sur des listes du Vlaams Belang, (un recul de quatre sièges par rapport à 2007) et le Front national a perdu son seul élu. Au Sénat, sur 75 fauteuils, 4 sont occupés du Vlaams Belang. Au Parlement Flamand, près d’un député sur 6 est adhère au Vlaams Belang.

 

Et en Wallonie?

Les mouvements extrémistes sont moins présents en Wallonie : "En Wallonie, on a vu qu’aux dernières élections ils n’ont pas réussi à obtenir un siège, puisqu’on peut considérer que le parti populaire n’est pas vraiment l’extrême-droite, il est très à droite, Modrikamen vient d’ailleurs d’affirmer qu’il était dans la même ligne que Marine Le Pen donc c’est vraiment très très à droite, mais ce n’est pas vraiment de l’extrême-droite, tandis que le Vlaams Belang a encore des élus, donc c’est encore une force politique non-négligeable," explique Pierre Verjans, politologue à l’ULg.

 

Pas de contacts avec la Belgique... mais l'enquête ne fait que commencer

Selon les dernières informations de la sûreté de l’Etat, aucun citoyen belge n’a entretenu des contacts avec Anders Breivik, mais l’enquête ne fait que commencer sur les relations entre les groupuscules extrémistes à travers l’Europe.