Des centaines de policiers bloquaient les rues menant au ministère de l'Intérieur, dans le centre de la capitale égyptienne, et tiraient des gaz lacrymogène pour contrôler des dizaines de manifestants lançant des pierres et des cocktails molotov, dimanche. La police a construit un mur de béton en travers de la rue Mansour, devenue l'épicentre des violences, et s'abritaient derrières des rouleaux de fils barbelés dans d'autres rues. Des manifestants ont capturé un homme qu'ils ont présenté comme étant un officier de police en civil, le ramenant derrière leurs lignes sous les hourras, pendant que certains tentaient de protéger l'homme des coups portés par des protestataires. Selon un docteur sur place, Mostafa Nabil, la police a lancé un assaut sur les positions des manifestants, tirant à la chevrotine et arrêtant des médecins d'un hôpital de campagne, qui ont été libérés peu après.

 

12 morts et 2.532 blessés

En milieu de journée, l'intensité des violences a décru. Ces trois derniers jours, les heurts reprenaient de plus belle en fin de journée. Depuis le début des manifestations et des affrontements jeudi, au lendemain du drame du football à Port-Saïd (nord), douze personnes ont été tuées au Caire et à Suez (est) et 2.532 blessées, dont des policiers et des manifestants, a annoncé samedi le ministère de l'Intérieur.

Résidant au Caire, le photographe freelance Baptiste de Cazenove a pris son appareil photo pour illustrer ces affrontements violents. Vous pouvez les découvrir au bas de cet article.