Un haut-responsable chinois, placé en congé maladie cette semaine, fait planer le mystère en Chine. Les autorités ont confirmé qu'il avait passé un jour complet dans l'un des consultas américains.

 

Il aurait cherché à obtenir l'asile politique
 
Les rumeurs persistantes selon lesquelles Wang Lijun aurait cherché à obtenir l'asile politique au consulat général des Etats-Unis à Chengdu (sud-ouest) ont été confortées par l'annonce du ministère chinois des Affaires étrangères, tard jeudi, que l'officiel était resté dans ce consulat toute la journée de lundi. Jusque-là on savait que M. Wang, comme l'avait officiellement admis l'ambassade des Etats-Unis à Pékin, avait bien rendu une visite à ce consulat, mais on ignorait qu'il y était resté un si long moment, pour des raisons encore à éclaircir.

 

Un incorruptible héros de la lutte contre la mafia
 
Wang Lijun, dont on est sans nouvelles depuis, s'est bâti une réputation d'incorruptible et de héros de la lutte contre la mafia dans la mégalopole de Chongqing, une municipalité autonome ayant rang de province et énorme pôle économique au coeur de la Chine. Jusqu'à la semaine dernière, le quinquagénaire issu de la minorité chinoise mongole dirigeait la police de Chongqing, dont il reste officiellement le maire-adjoint.

 

En congé maladie pour surmenage

Il a été mis en congé maladie pour surmenage, ont annoncé mercredi les autorités chinoises, un argument dont le pouvoir communiste s'est déjà servi par le passé pour effectuer des purges. Les circonstances de sa chute sont en tout cas l'objet de toutes les interrogations.

 

C'est le maire de Chongqing qu'on cherche à atteindre

Wang Lijun s'est fait connaître grâce au combat qu'il a mené il y a deux ans contre les triades de Chongqing. Cette opération mains propres a bénéficié au maire Bo Xilai, à qui l'on prête l'ambition d'entrer au Comité permanent du Bureau politique du Parti communiste chinois, le coeur du pouvoir en Chine. En visant Wang Lijun c'est Bo Xilai que l'on cherche à atteindre, estiment des analystes.