Cent mille personnes ont au total manifesté dimanche à Athènes (80.000) et à Salonique (20.000), la deuxième ville grecque, contre un nouveau programme d'austérité dicté par l'UE et le FMI que s'apprêtent à voter les députés pour éviter la "faillite" à la Grèce, a annoncé la police. "Une dizaine de bâtiments sont en flammes, dont la plupart par des cocktails Molotov", a indiqué à l'AFP Nikolaos Tsongas, porte-parole des pompiers selon lequel les véhicules de pompiers ne peuvent pas s'approcher des lieux des sinistres en raison du nombre de gens dans les rues.
 

6 personnes blessées

Dans la capitale, six personnes ont été blessées, puis hospitalisées, au cours d'affrontements entre forces antiémeutes et des groupes de jeunes dans les rues adjacentes de la place Syntagma devant le parlement, selon une source du ministère de la Santé.
 

Jets de cocktails Molotov

Les incidents ont commencé quand un groupe de contestataires regroupés devant le parlement a fait pression sur l'important cordon policier disposé autour du bâtiment. La police a aussitôt riposté en faisant usage de gaz lacrymogène. Les manifestants se sont alors retirés dans les rues adjacentes, qui se sont transformées en champs de bataille : des manifestants jetaient des pierres, des morceaux de marbre et des cocktails Molotov sur les forces antiémeutes. Les heurts se sont poursuivis pendant plus de deux heures dans le centre-ville.
 
Des personnes cagoulées ont brisé des vitrines de magasins sur les avenues Pandepistimiou et Stadiou, tandis que le feu a été mis dans une banque et qu'un café a été évacué par ses clients, a affirmé une source policière.

 

Des familles entières à la manifestation

Les contestataires avaient commencé à affluer sur la place Syntagma en début d'après-midi à l'appel des deux grandes centrales syndicales grecques, la GSEE pour le privé et l'Adedy pour le public, ainsi que de la gauche radicale. La manifestation avait attiré des familles entières. Un grand-père portant masque à gaz et lunettes de piscine s'est ainsi frayé un passage au milieu de la foule, tandis qu'un vendeur de masques en papier destinés à se protéger du gaz faisait des affaires en vendant aussi des drapeaux grecs.
 
"Les députés s'apprêtent à voter des mesures qui vont conduire à la mort de la Grèce (...) mais le peuple ne va pas céder", s'est pour sa part exclamé le compositeur grec Mikis Theodorakis, qui s'est joint aux contestataires à Athènes.
 

3000 policiers au parlement

A l'intérieur du parlement, dont les abords étaient gardés par quelque 3.000 policiers, les discussions battaient leur plein, marquées par de fréquents incidents de séance entre les rangs gouvernementaux et l'opposition de gauche. "D'ici à dimanche soir, le parlement doit avoir adopté" le nouveau programme de redressement, sous peine sinon d'une "faillite" de la Grèce, a lancé, visiblement tendu, le ministre des Finances, Evangélos Vénizélos.
 
Il a souligné que l'Eurogroupe, qui pourrait se réunir mercredi, réclamait un vote positif des députés en préalable au déblocage du deuxième plan de sauvetage du pays, combinant renflouement via des prêts publics de 130 milliards d'euros et désendettement via l'effacement de 100 milliards d'euros de créances.