L'opposante birmane Aung San Suu Kyi s'est engagée samedi à Oslo à poursuivre son combat pour la démocratie dans son discours d'acceptation du prix Nobel de la Paix lors d'une cérémonie chargée d'émotion, plus de vingt ans après avoir été récompensée.
A l'issue d'une année riche en réformes radicales, mises en place par le pouvoir birman, Mme Suu Kyi a promis d'oeuvrer à la réconciliation nationale mais s'est attachée à souligner les problèmes liés aux prisonniers d'opinion et à la poursuite de conflits ethniques dans son pays. "Mon parti, la Ligue nationale pour la démocratie, et moi-même sommes prêts et désireux de jouer tout rôle dans le processus de réconciliation nationale", a-t-elle annoncé dans son discours. Une fleur nouée dans ses cheveux comme à son habitude, vêtue d'un traditionnel lungi violet et parée d'une longue écharpe mauve, la "Dame de Rangoon" a été ovationnée par un parterre de personnalités et d'exilés birmans réunis pour l'occasion dans l'hôtel de ville d'Oslo. Elle a rappelé son "optimisme prudent" dans la transition démocratique de son pays actuellement dirigé par le Président Thein Sein, un ancien général, qui a constitué un gouvernement presque entiérement civil. "Si je plaide en faveur d'un optimisme prudent, ce n'est pas parce que je n'ai pas confiance dans le futur mais parce que je ne veux pas encourager une confiance aveugle", a-t-elle expliqué. Bien que le gouvernement ait signé des cessez-le-feu avec la plupart des groupes ethniques rebelles, "les hostilités n'ont pas cessé" en Birmanie, faisant référence au conflit qui oppose la communauté bouddhiste à la minorité musulmane et aux combats avec les Kachins. (PVO)