Les avocates de la famille de l'un des militaires tués par Mohamed Merah ont affirmé mercredi que la Défense a refusé d'accorder le bénéfice de la protection juridique aux familles des soldats tués en mars à Toulouse et Montauban, information catégoriquement démentie par le ministère.
Pour Albert Chennouf, père d'Abel Chennouf, tué par Mohamed Merah le 15 mars à Montauban, "c'est la fin de toute espérance", ont déclaré à l'AFP Me Samia Maktouf et Me Béatrice Dubreuil.
Selon elles, "aucun des membres de la famille Chennouf n'est en mesure d'assumer par lui-même les frais de justice qu'elle devra inévitablement engager dans le cadre de cette procédure qui s'annonce longue et difficile".
Le ministère de la Défense a démenti pour sa part que l'aide juridique ait été refusée aux familles. "A ce jour, aucune décision n'a été prise par le ministre relative à une aide juridictionnelle quelle qu'elle soit", a indiqué le ministère.
La Défense rappelle que le président François Hollande a demandé au ministre, Jean-Yves Le Drian, "un examen attentif de la situation des familles". Ces dernières ont été reçues ces dernières semaines par la conseillère sociale du ministère et le ministre s'est entretenu avec elles par téléphone.
M. Le Drian répondra lui-même aux familles "à l'occasion de rencontres individuelles avec chacune d'entre elles, déjà programmées autour du 14 juillet. C'est à ce moment qu'il donnera sa décision", a précisé le ministère.
"Jean-Yves Le Drian, ministre de la Défense, n'a pas pris la décision d'accorder ou de refuser quoi que ce soit", a-t-il ajouté, en soulignant qu'"aucune compensation n'a été proposée" aux familles.
Les deux avocates de la famille Chennouf en ont pour leur part appelé mercredi "au Président de la République", car "il en va de l'honneur des armées et de la République elle-même".
Elles avaient déjà écrit à François Hollande fin mai pour lui demander d'honorer les engagements pris par son prédécesseur Nicolas Sarkozy, après que l'armée eut refusé le versement du capital-décès de leur fils.
M. Chennouf a par ailleurs déposé plainte, début mai, contre Nicolas Sarkozy et l'ex-directeur central du renseignement intérieur Bernard Squarcini, qu'il accuse de n'avoir pas empêché la mort de son fils.
Mohamed Merah avait tué par balles Abel Chennouf en même temps que son camarade Mohamed Legouade et très gravement blessé un troisième parachutiste, Loïc Liber. Le 11 mars à Toulouse, il avait tué un premier militaire, Imad Ibn-Ziaten avant, le 19 mars, d'assassiner un professeur et trois enfants à l'école juive Ozar Hatorah de cette ville.
Il a été tué le 22 mars par le Raid lors de l'assaut de son appartement dans lequel il était retranché à Toulouse.











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