Deux festivals français ont attiré ce week-end gourmets et gastronomes dans le quartier de Brooklyn à New York, offrant dégustations, dîners surprises et démonstrations de savoir-faire culinaire.

C'était la première fois que ces deux opérations, le "Grand Fooding" et l'"Omnivore New York Tour", avaient lieu en même temps.

Une quarantaine de chefs du monde entier ont répondu présent pour élaborer les nombreux repas et dégustations organisés dans ce quartier de plus en plus branché et faire partager leur passion de la cuisine.

Pendant cinq jours, le "Fooding" avait notamment organisé pour sa quatrième édition new-yorkaise quatre dîners événements avec des chefs américains et européens, dont Alain Senderens et Daniel Rose, travaillant ensemble dans des restaurants de Brooklyn.

Le marché de produits locaux de Fort Greene, pris d'assaut par des centaines d'amateurs, avait été choisi pour accueillir les fourneaux du Français Bertrand Grébaut et du Suédois Magnus Nilsson, stars montantes de la cuisine européenne, pour un déjeuner très "vintage". "Je suis ici parce que ça me change de ma cuisine, c'est aussi un défi au niveau de l'organisation ", a expliqué ce dernier à l'AFP en ouvrant avec adresse quelques huîtres.

Une piperade géante a été concoctée samedi par l'une des jeunes étoiles de la gastronomie française, Inaki Aizpitarte (des restaurants Le Chateaubriand et Le Dauphin à Paris). Un grand feu de camp avec DJ et pâtisseries Pierre Hermé était aussi prévu dimanche.

Les déjeuners étaient à 15 dollars, les dîners à 75.

Cuisine du renouveau

La troisième édition d'"Omnivore", de vendredi à dimanche, a quant à elle investi le marché DeKalb, où les chefs ont offert quelques démonstrations gratuites. Dans l'enchevêtrement des containers colorés du marché, les Français Dominique Crenn et Alexandre Couillon ont fait partager leur savoir-faire pour le plus grand plaisir des amateurs.

"Pendant longtemps, la cuisine restait dans la cuisine et rien ne sortait. Notre objectif est de la promouvoir auprès du grand public. La transmission, c'est fondamental ", explique Luc Dubancher, fondateur du festival Omnivore.

"Au début, j'étais un peu perdu et déstabilisé. Mais regarder les autres chefs travailler m'a aidé à gagner en ouverture d'esprit. En France, la cuisine est peut-être un peu trop traditionnelle. Ici, tout est dans l'innovation", explique Alexandre Couillon (du restaurant La Marine, à Noirmoutier).

Le Grand Fooding et l'Omnivore sont basés sur l'idée du renouveau de la cuisine qui s'invite dans les lieux publics - musées, marchés et même cinémas - et de la mise en avant de jeunes chefs novateurs.

"Nous donnons aux chefs la possibilité de sortir de leurs restaurants. Ici, ils cuisinent ce qu'ils aiment, de manière détendue, sans se soucier des étoiles du guide Michelin ", explique Alexandre Cammas, le fondateur du Fooding.

Ces mouvements sont tous deux nés en France il y a une dizaine d'années, à un moment où la cuisine française était en quête de renouveau et où les nouveaux chefs cherchaient à briser les codes établis.

Mais ce week-end, c'était la première fois qu'ils avaient lieu en même temps et dans le même quartier new-yorkais.

"Omnivore sait que depuis quatre ans, nous organisons le Grand Fooding à cette date. C'est tout bénéfice pour eux de venir le même week-end à Brooklyn et de profiter de l'appel d'air médiatique", estime Alexandre Cammas.

"Il n'y a pas de concurrence entre nos deux événements, ils sont complémentaires", répond Luc Dubranchet. "Nous allons continuer de travailler en faveur d'une cuisine humaine et personnelle, loin du marketing et du consumérisme", ajoute-t-il.