Le procureur général égyptien a ordonné samedi l'ouverture d'une enquête en diffamation contre le président Mohamed Morsi, soupçonné d'avoir accusé les services égyptiens du renseignement d'engager des milliers de "voyous".
L'enquête fait suite à la plainte d'un avocat, Abdel Rahmas Al Luxuri, après les déclarations d'un homme politique islamiste, Aboul Ela Madi, selon lequel le chef d'Etat égyptien a déclaré dans une conversation que les services du renseignement avaient embauché plusieurs milliers de "voyous". Le bureau du président Morsi a démenti ces déclarations. "Le procureur public a ordonné l'ouverture d'une enquête sur cette plainte", a-t-on indiqué de source judiciaire. M. Luxuri, qui avait déjà déposé dans le passé des plaintes à la fois contre les islamistes au pouvoir et leurs adversaires, a accusé MM. Morsi et Madi de "diffamer la réputation de services du renseignement", selon la source judiciaire. Désigné par M. Morsi, le procureur général est saisi des plaintes des particuliers et peut décider de les rejeter ou de les transmettre à ses services pour déterminer s'il y a matière à des poursuites. Désigné par M. Morsi, il a déjà ordonné plusieurs enquêtes contre des opposants au chef de l'Etat, un ancien dirigeant des Frères Musulmans. (MUA)